Famille française accusée d'avoir réintroduit la rougeole au Costa Rica : comment repérer et combattre cette maladie contagieuse

Bien-être
DirectLCI
VIRUS DANGEREUX - Trois membres d'une famille française infectés par la rougeole ont été placés en quarantaine dans un hôpital du Costa Rica, où le dernier cas remontait à 2014. En France, comme dans beaucoup de pays du monde, cette maladie gagne du terrain. Un relâchement de la vigilance et la diffusion de fausses informations sur le vaccin sont en partie responsables.

Ils sont en quarantaine dans un hôpital du Costa Rica. Deux parents français et leur fils de 5 ans, arrivés dans ce pays d'Amérique centrale le 18 février dernier, ont été placés à l'isolement après que le petit garçon, qui n'avait pas été vacciné contre la rougeole selon les autorités locales, a présenté quelques heures après leur atterrissage les symptômes de la maladie (ce qui n'a pas été le cas pour sa mère et son père, à l'exception d'un "peu de fièvre" pour ce dernier"). Leur état de santé "évolue positivement", a-t-on appris dans un communiqué du ministère de la Santé du pays, où le dernier cas de rougeole remontait à 2004.


En France, cette maladie a en revanche déjà beaucoup fait parler d'elle ces dernières semaines.  En particulier en Auvergne-Rhône-Alpes, qui a connu une hausse significative du nombre de cas depuis le début de l'année. L'Agence régionale de santé (ARS) a notamment évoqué dix-huit cas survenus dans la station de ski de Val Thorens (Savoie), mais aussi sept dans le Rhône, deux dans la Drôme et un dans l'Ain, la Loire et la Haute-Savoie. Dans un bulletin épidémiologique consacré à la rougeole début février, l'organisme Santé publique France signalait une recrudescence de la maladie dans l'Hexagone depuis fin 2017. Ailleurs, la situation est similaire. L'OMS a alerté récemment sur une flambée de rougeole dans le monde en 2018, avec un bond d'environ 50% des cas signalés par rapport à 2017.

Une maladie contagieuse qui doit être combattue par la vaccination du plus grand nombre

La rougeole est une maladie extrêmement contagieuse. Une personne contaminée peut infecter quinze à vingt individus, contre un à trois pour une personne grippée. En effet, la transmission du virus se fait sans contact physique, par voie aérienne (sécrétions du nez ou de la bouche), soit directement à partir d'une personne malade, soit indirectement à cause du contact avec une surface contaminée ou en raison de la persistance du virus dans l'air.


La seule façon de lutter contre cette maladie, c'est le vaccin. Il est bien toléré, efficace et pris en charge à 100% par l'Assurance maladie jusqu'à 17 ans (à 65% au-delà). Il consiste en deux doses, la première à 12 mois et l'autre entre 16 et 18 mois. En France, en 2007, seulement 90,1% des enfants de 2 ans étaient vaccinés. Selon l'OMS pourtant, il faudrait qu'au minimum 95% de la population soit vaccinée pour éradiquer le virus. Une vaccination de rattrapage est recommandée à toutes les personnes nées depuis 1980 qui n'ont pas été vaccinées et n'ont jamais eu la rougeole. Cela les protégerait toute leur vie contre le virus.

Les complications possibles après les symptômes

Si la vaccination est si importante, c'est que la rougeole, ce n'est pas seulement de la fièvre, de la toux, un écoulement du nez, des yeux rouges, des paupières gonflés, un larmoiement, une grande fatigue puis l'apparition de petites taches rouges sur tout le corps. C'est une maladie qui peut être grave et qui peut engendrer des complications nécessitant une hospitalisation. Quelques exemples :


⇒ une bronchopneumonie avec des difficultés respiratoires sévères,
⇒ une encéphalite , c'est-à-dire une inflammation du cerveau, dans un cas sur mille, qui peut entraîner un décès et dans 30% des cas des séquelles graves irréversibles à l'instar d'une paralysie ou d'une épilepsie,
⇒ une conjonctivite évoluant vers une kératite (atteinte de l'œil) et la perte de la vue.

Pas seulement les enfants

Et les enfants ne sont donc pas les seuls concernés : la rougeole peut survenir à n'importe quel âge, si l'on n'a pas été vacciné ou lorsque l'on n'a pas déjà contracté le virus. Ainsi, la moitié des cas déclarés en 2010 concernait les plus de 15 ans, avec une proportion d'hospitalisation de 45% chez les 20-29 ans. C'est au sein de cette classe d'âge que les conséquences graves sont les plus fréquentes, aux côtés des nourrissons de moins de 12 mois, des femmes enceintes et des personnes aux défenses immunitaires affaiblies. 


L'épidémiologiste Isabelle Parent du Châtelet, de l'Institut de veille sanitaire, rappelle sur le site InfoRougeole que ces cas seraient évitables "si l'on procédait systématiquement à une vaccination de rattrapage des adolescents et jeunes adultes".

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter