"Faut-il éviter de voyager en Asie ?" : les questions les plus posées à la plateforme d’appels dédiée au coronavirus

Plusieurs conseillers se relaient tout au long de la journée pour répondre aux questions des Français
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Coronavirus : l'épidémie meurtrière qui inquiète la planète

INQUIÉTUDES - Depuis près d’une semaine, sur commande du ministère de la Santé, un numéro gratuit est ouvert à tous ceux qui ont des interrogations à propos du coronavirus. Les opérateurs de la plateforme nous ont confié les questions les plus fréquentes.

"Allô, je pars en Chine, dois-je annuler ?" Depuis samedi, le ministère de la Santé a lancé une plateforme téléphonique afin de répondre aux questions que se posent les Français à propos du coronavirus. Ouverte du lundi au dimanche de 9 heures à 19 heures, elle est joignable gratuitement au 0800 130 000. Dans une petite salle du nord-est parisien, plusieurs opérateurs se relaient pour conseiller, informer et rassurer les appelants. Ils reçoivent chacun "entre 60 et 100 appels par jour" et prennent le temps de répondre à toutes les demandes. LCI est parti à leur rencontre.

"Puis-je partir en Asie ?"

"La question qui revient le plus souvent, ce sont les déplacements." Habiba, l'une des opératrices, l'affirme d'emblée : de nombreuses personnes les contactent pour leur demander des conseils autour des voyages. À l’aube des vacances scolaires, des Français avaient en effet prévu de se rendre en Asie, mais désormais, ils s’inquiètent. "Quels sont les risques, quelles sont les restrictions, que dois-je faire, que me conseillez-vous ?", énumère-t-elle. Et cela ne concerne pas que les vols vers la Chine : ceux qui partent en Thaïlande, au Japon ou au Vietnam aussi s'interrogent. Beaucoup ont d’ailleurs déjà annulé leur voyage. Le ministère conseille d'ailleurs d'éviter les voyages en Chine, mais pas dans les pays limitrophes.

Autre point d’inquiétude : les mesures de rapatriement. "Les gens veulent savoir s’ils pourront rentrer chez eux en cas de danger, s’ils ne seront pas bloqués", assure Abdoul Nasser, un autre conseiller. "Ils ont souvent peur des 14 jours de quarantaine", acquiesce Habiba, à sa gauche. L’actualité est également au cœur des préoccupations. "Il y a des questions autour des bateaux de croisière bloqués", explique Abdoul Nasser : "Nombreux sont ceux qui prévoient de faire des croisières et qui veulent savoir s’il n’y a pas de danger en mer Méditerranée."

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"Les colis en provenance de Chine sont-ils contaminés ?"

Casques vissés aux oreilles, yeux rivés sur leurs écrans d’ordinateurs, les opérateurs doivent aussi répondre à une batterie de questions sur les marchandises en provenance de Chine. "Certains se demandent s’il y a des risques lorsqu’ils ouvrent un colis", assure Habiba. Immédiatement, les conseillers s'attellent à rassurer les appelants. "Nous leur expliquons bien que le virus a besoin d’un organisme vivant pour pouvoir se développer et qu’il meurt au bout d’un certain temps à l’air libre", indique-t-elle. "Sachant que les marchandises arrivent par avion ou par bateau, le temps de voyage est trop long pour que le virus puisse vivre et se transmettre une fois arrivé."

Même les habits fabriqués en Asie suscitent des craintes. "Ce matin, une maman s'inquiétait parce qu'un vêtement de son bébé était ‘made in China’", raconte l’opératrice. "Après lui avoir demandé, elle m’a dit qu’elle avait ce vêtement depuis la naissance de l'enfant il y a trois mois." "Il n’y a vraiment aucun risque, nous savons très bien que le virus n’est pas présent dans ses affaires, mais pour la rassurer et l’apaiser, nous lui avons conseillé de le laver. C’est beaucoup de psychologie."

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"Mon employé de retour de voyage peut-il revenir au travail"

Il n’y a pas que les particuliers qui composent le numéro, des professionnels aussi. Ainsi, de nombreux employeurs ont appelé pour connaître leurs droits et devoirs vis-à-vis de leurs salariés. "Des délégués du personnel nous contactent pour savoir s’ils peuvent laisser les employés qui reviennent de Chine regagner leur travail", confie Abdoul Nasser. "Certains employeurs ont même demandé à ce que leurs salariés restent 14 jours chez eux à leur retour du pays", s’étonne Habiba. "Un homme qui n’a absolument aucun symptôme est ainsi resté une semaine chez lui parce que son employeur le lui avait demandé", raconte la jeune femme. "Je lui ai dit d’appeler le 15, de se faire diagnostiquer, puis de retourner travailler."

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"J’ai pris l’ascenseur avec des Chinois, je devais sortir ?"

Les conseillers sont également confrontés à des questions beaucoup plus loufoques, qui reposent souvent sur des clichés. Habiba donne un exemple : "j’ai pris l’ascenseur avec des Chinois, est-ce que je devais sortir ?". Ou encore, "une cigarette m’a été donnée par un Chinois, faut-il que je la fume ou pas ?" "Une dame m’a même demandé si elle pouvait venir à Paris parce qu’il y a beaucoup de touristes chinois", regrette également Abdoul Nasser. 

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