Cancers de la tête et du cou : les symptômes qui doivent alerter

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PRÉVENTION - "Prenons le cancer à la gorge !", scande depuis ce lundi une campagne de sensibilisation aux cancers de la tête et du cou. Responsables, en France, d'environ 14.000 nouveaux cas par an, souvent diagnostiqués tardivement, ces maladies souffrent d'un manque de connaissance du grand public, qui ignore souvent les premiers symptômes.

 Ils sont la quatrième cause de décès par cancer en France mais restent encore méconnus du grand public. Les cancers ORL, deux fois plus répandus que le cancer du col de l'utérus, touchent environ 14.000 personnes par an et causent dans ce même laps de temps près de 5.000 décès. Pouvant se développer sur plus de trente zones au sein de la tête et du cou (sinus, langue, gencives, gorge...), ils font depuis ce lundi, et jusqu'à vendredi, l'objet d'une campagne de sensibilisation.

Lancée par Corasso et la Société française de carcinologie cervico-faciale (SFCCF), celle-ci prend la forme d'affiches, placardées dans les centres anti-cancer et d'addictologie, les pharmacies et les cabinets de généralistes et de dentistes, mais aussi de plusieurs films de 45 secondes diffusés dans la semaine à la télévision, sur les réseaux sociaux et dans les salles de cinéma. Ces derniers ont été réalisés par Frédéric Petitjean, qui a lui-même été touché par un cancer de la gorge. "J'ai vécu ce que je filme. Je sais la douleur comme je sais l'ignorance. Savoir ce que l'on risque, et ne plus décider d'ignorer. Reconnaître les signes pour ne plus les négliger et apprendre à s'écouter", écrit sur le site de l'Institut Curie le réalisateur.

Mal de gorge, ganglions, aphtes... Des symptômes courants qui doivent alerter s'ils persistent plus de 3 semaines

"Reconnaître les signes pour ne plus les négliger", voilà le but de cette campagne. Car pour l'heure, plus de 60% des patients présentent déjà une maladie localement avancée lors du diagnostic, ce qui compromet leurs chances de survie, affirme dans un communiqué l'Institut Curie.

Ainsi, une difficulté ou une douleur en avalant, des aphtes, un mal de gorge, une voix enrouée, des ganglions gonflés dans le cou, une narine bouchée ou des saignements de nez doivent alerter. "Ce n'est pas grave d'avoir des ganglions, des aphtes... Ça peut arriver, précise le médecin et chroniqueur à LCI Gérald Kierzek. Sauf que si ça dure plus de trois semaines, il faut aller consulter votre médecin généraliste, votre ORL ou votre dentiste, sans pour autant s'affoler."

Le tabac, l'alcool et les papillomavirus, principaux facteurs de risque

Le tabac et l'alcool font partie des principaux facteurs de risque. 85% des cancers de la tête et cou sont ainsi dus au tabac, tandis que les hommes qui boivent plus de trois verres par jour et les femmes qui boivent plus de deux verres par jour ont un risque significativement accru de développer un cancer des voies aérodigestives supérieures (VADS). Les papillomavirus (HPV) peuvent aussi être à l’origine de cancers des amygdales ou de la base de la langue.

Si les hommes développent deux à trois fois plus de cancers de la tête et du cou que les femmes, la tendance évolue, explique dans le communiqué le professeur Béatrix Barry, chef de Service ORL et de chirurgie cervico-faciale à l'Hôpital Bichat-Claude Bernard. "Les hommes sont encore plus touchés que les femmes mais nous constatons une augmentation de l’incidence chez ces dernières à cause du tabagisme. Nous observons également que les cancers des VADS dus au virus HPV touchent des sujets de plus en plus jeunes, entre 45 et 50 ans."

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Lorsque la maladie est prise en charge à un stade précoce, le taux de survie est de 80% à 90%, mais ce taux "s'effondre au-delà de certaines tailles tumorales", explique à l'AFP Maria Lesnik, chirurgienne au service d'ORL de l'Institut Curie.

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