Grippe : des chercheurs élaborent un anticorps artificiel qui serait bien plus puissant que les vaccins

Grippe : des chercheurs élaborent un anticorps artificiel qui serait bien plus puissant que les vaccins

Bien-être
AVANCÉE - Des chercheurs ont créé un anticorps artificiel capable de protéger les souris contre des dizaines de souches du virus de la grippe. Leur étude est parue jeudi 2 novembre dans la revue Science.

Vous l’aurez compris en voyant les spots de prévention diffusés à la télévision, la saison de la grippe est bien lancée. Cette année encore, les autorités de santé espèrent une vaccination massive des personnes à risques (enfants, personnes âgées, femmes enceintes…) pour limiter la propagation du virus et les hospitalisations. Malgré tout, ce vaccin ne rencontre pas toujours un large succès. La faute, notamment, à son efficacité pas systématiquement au rendez-vous. Les injections ne couvrent en effet chaque fois pas toutes les souches du virus, et une personne vaccinée peut donc tout de même contracter la maladie. Selon les résultats du Réseau Sentinelles, l’efficacité vaccinale n’a par exemple été que de 54% chez les personnes de 65 ans et plus lors de la grippe 2017/2018.


Mais bonne nouvelle, une équipe internationale de chercheurs laisse espérer, après des essais en laboratoire, une alternative bien plus efficace au vaccin. Elle parviendrait, rapporte le New York Times, à combattre 59 souches du virus de la grippe. Leur étude a été publiée ce jeudi 2 novembre dans la revue Science.

Des souris saines et sauves

Tout a commencé lorsque les chercheurs ont découvert que de rares personnes produisaient naturellement des anticorps capables de lutter contre diverses souches de la grippe. Les auteurs de l’étude se sont demandé s’ils pouvaient enchaîner ces anticorps entre eux en une sorte de super-anticorps. Ils ont alors créé un gène capable de fabriquer quatre de ces anticorps.  


Impossible à transmettre grâce à un vaccin, ce gène a été injecté dans un virus inoffensif., que les scientifiques ont diffusé dans le nez de souris. Le virus contenant les anticorps s'est glissé dans les cellules de l’animal et a alors commencé à produire ces super-anticorps. Soixante souches du virus de la grippe, dont l'une qui aurait dû leur être fatale, leur ont ensuite été inoculés. Résultat : seule une souche sur les 59 n’a pas été maîtrisée par les anticorps. Il s'agissait cependant d'un type de grippe aviaire qui n'a jusqu'alors jamais infecté d’humains.

Une découverte pas encore applicable aux humains

Si ce succès représente une grande avancée dans la recherche, il n'est pour l'heure pas forcément applicable chez les humains. D'autant que pour cette expérience, les scientifiques ont en fait prélevé des anticorps chez... des lamas. Ces mammifères possèdent en effet de petits anticorps, ce qui rendait leur assemblage plus pratique, explique le New York Times. Or, injectés dans le corps humain, ceux-ci risquent d'être rejetés et de créer une réaction dangereuse. Notre combat contre la grippe, responsable de 13.000 morts en France l'année dernière, n'est autrement dit pas encore gagné.

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