Grippe saisonnière : l’épidémie fait-elle vraiment moins de morts cette année ?

Grippe saisonnière : l’épidémie fait-elle vraiment moins de morts cette année ?
Bien-être

MALADIE DE L’HIVER – Chaque année en France, plusieurs milliers de personnes décèdent de la grippe. Pourtant, depuis le début de l’hiver, les chiffres officiels ne font état que de 72 morts. Qu’en est-il vraiment ?

Si le coronavirus se propage peu à peu dans l’ensemble du pays, un autre virus est bien installé dans toute la France : la grippe saisonnière. À l’exception de l’Île-de-France, toutes les régions sont  toujours classées en phase épidémique. Depuis le début de l’hiver, Santé publique France fait état de "744 cas graves", dont "72 décès". Un chiffre qui peut paraître faible quand on sait que le nombre de victimes de la grippe saisonnière est estimé à plusieurs milliers chaque année (on parle de 10.000 morts en moyenne). Comment expliquer cette différence ? Santé publique France nous éclaire.

Y a-t-il moins de décès dus à la grippe cette année ?

Selon les chiffres officiels publiés chaque mercredi par l’agence de santé, la grippe saisonnière a causé la mort de 72 personnes depuis le début de l’hiver. Un chiffre faible, notamment au regard des données des années précédentes. L’an dernier, à pareille époque, l’épidémie de grippe avait déjà entraîné la mort de 194 personnes. En 2018, le chiffre était encore plus haut : 348 décès au début du mois de mars.

Statistiquement, cette saison de la grippe est donc moins mortelle. "Bien qu’il soit encore trop tôt pour le confirmer puisque l’épidémie est toujours en cours, elle semble effectivement moins sévère que celles des deux dernières années", confirme Santé publique France auprès de LCI. Tous les indicateurs sont d’ailleurs en baisse par rapport aux précédentes épidémies : "le taux d’incidence de consultation pour syndromes grippaux en médecine de ville, la part des passages aux urgences pour syndromes grippaux, le nombre de cas graves..."

Alors, comment interpréter ces chiffres ? Selon l’agence de santé, cette forte baisse "peut notamment s’expliquer par des conditions météorologiques moins favorables à la circulation des virus grippaux". En effet, l'hiver 2019-2020 a été le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900. Des "probables différences de souches du virus" sont également évoquées par Santé publique France.

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Les personnes âgées moins touchées ?

Dans le détail des 72 décès effectifs depuis novembre dernier, étonnamment, aucune catégorie d’âge ne ressort : "10 enfants de moins de 15 ans, 30 cas âgés de 15 à 64 ans, et 32 personnes âgées de 65 ans et plus". Alors que le coronavirus semble lui plus fatal à nos aînés, la différence est moindre pour la grippe. "L’épidémie de cette année a davantage touché les ‘jeunes’ de moins de 65 ans, et plus particulièrement les enfants", nous confirme Santé publique France. Elle a "‘épargné’ les personnes les plus âgées". De quoi expliquer la baisse globale du nombre de décès ? "Les personnes âgées contribuent en effet beaucoup à l’excès de mortalité observé en période d’épidémie lorsqu’elles sont touchées", acquiesce l’agence nationale de santé.

On sait aussi que le nombre de personnes à se faire vacciner contre la maladie a été en hausse cette année - plus de 10 millions de Français l'avaient déjà fait début février -, notamment parce que les pharmaciens peuvent désormais pratiquer ce geste.

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Comment arrive-t-on, alors, aux milliers de morts habituels ?

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L’épidémie de grippe saisonnière

Si l’épidémie de cette année est effectivement moins mortelle, pourrons-nous tout de même arriver à un chiffre final de mortalité élevé ? "Nous ne pouvons pas nous prononcer sur un nombre pour le moment car les données doivent encore être consolidées", répond Santé publique France. "Mais ce nombre semble bien moindre par rapport au niveau observé l’année dernière", rassure l’agence.

Dans son bulletin hebdomadaire publié en 2019 à pareille époque, Santé publique France faisait état "d’environ 5.700 décès tous âges confondus attribuables à la grippe", grâce à un "modèle de mortalité" développé par l’agence. Il y a deux ans, au début du mois de mars, le chiffre était même de 8.500 ! Mais cette année, aucun élément de ce type calculé avec ce modèle ne figure dans les bulletins hebdomadaires. "Nous n’avons pas observé d’excès de mortalité aussi important que celui de l’année dernière pendant l’épidémie de grippe", nous explique Santé publique France. "C’est pourquoi nous n’avons pas inclus cette information dans le bulletin." Ce qui ne signifie pas pour autant que le nombre de décès causés par la grippe à la fin de l'épidémie sera si faible...

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