Compléments alimentaires pour le cerveau : des pilules loin d'être magiques, alerte 60 millions de consommateurs

Bien-être

ALERTE - Dans le cadre d'un hors-série sur le cerveau, le magazine 60 millions de consommateurs alerte sur la composition de certains compléments alimentaires destinés au développement cérébral des bébés, aux période de révision, aux performances au travail ou à la prévention de la maladie d’Alzheimer. Ceux-ci pourraient s'avérer inutiles, voire dangereux.

Guronzan, Ginkor Memo, Pediakid… Améliorer sa mémoire ou sa concentration grâce à de petites pilules magiques ? La solution peut être tentante. Mais selon une étude de 60 millions de consommateurs, parue ce jeudi dans un hors série sur le cerveau, cela pourrait être inutile, voire dangereux. "La plupart sont à proscrire", affirme le magazine.

Pour mener son enquête, il a analysé deux marques de lait pour bébé et huit compléments alimentaires ciblant les enfants, les adolescents, les adultes et les seniors. Et plusieurs additifs, comme la vitamine D ou le ginkgo biloba, posent question.

Toutes les tranches d'âges concernées par de potentiels dangers

60 millions de consommateurs alerte notamment sur l'ajout de vitamine D dans deux compléments alimentaires pour enfants : Biane Enfants, du laboratoire Pileje, ou encore Pediakid des laboratoires Ineldea. Si cette vitamine est indispensable à la croissance des petits, une surdose peut en revanche s’avérer dangereuse. Certains enfants en reçoivent en effet déjà sous forme d'ampoules pendant l'hiver, "comme cela est recommandé". "Proposer une supplémentation via le biais de compléments alimentaires peut créer une hypervitaminose, potentiellement dangereuse", note ainsi 60 millions de consommateurs.

L'appel à la vigilance des auteurs du dossier concerne aussi la caféine, présente dans des comprimés utilisés par certains étudiants pour améliorer leurs capacités. Si elle "stimule la vigilance et masque l'envie de dormir", elle empêche aussi "le bon fonctionnement du processus de mémorisation" et peut entraîner "en cas de surdosage céphalées, anxiété, nausées et troubles du rythme cardiaque".

Chez les seniors, les analyses sont aussi inquiétantes. Cognisciences des laboratoires Santé Verte ou Ginkor Memo des laboratoires Tonipharm contiennent un cocktail de plantes qui, signale le magazine, "n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité dans les troubles de la mémoire ou de la cognition". De plus, la présence de ginkgo biloba  est susceptible d’interagir avec des traitements anticoagulants.

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Il y a un mois, l'Académie de pharmacie alertait déjà dans un rapport sur la dangerosité de certaines plantes aux propriétés laxatives utilisées dans ces compléments alimentaires. En cause notamment, les produits contenant de l'aloé (uniquement quand c'est le suc qui est utilisé, le gel ne posant pas de problème), des racines de rhubarbe de Chine, du séné (fruit, foliole) et de l'écorce de bourdaine ou de cascara (un arbuste et un arbre). Leur "usage prolongé provoque une dépendance, il n'est plus possible d'aller à la selle sans médicament. A long terme, des lésions définitives de la paroi interne de l'intestin peuvent apparaître", indiquait l'Académie, qui a demandé à ce qu'ils soient retirés de la liste des compléments alimentaires autorisés.

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