Hépatites B et C : encore trop de malades qui s'ignorent

Bien-être

SANTÉ PUBLIQUE - À l'occasion de la Journée nationale de lutte contre les hépatites virales ce mercredi, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consacre son nouveau numéro aux hépatites B et C, qui touchent environ 270.000 personnes en France. Ces chiffres seraient selon ses auteurs sous-estimés, de nombreux malades n'étaient pas encore diagnostiqués.

Depuis plusieurs années, la France s'efforce d'intensifier le dépistage des hépatites virales B et C, responsables de près de 4.000 décès par an. Pour autant, "trop de personnes demeurent non testées et porteuses d’infections virales non diagnostiquées", souligne le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), édité par Santé Publique France et publié mardi.

Selon de nouvelles estimations diffusées à l'occasion de la Journée nationale de lutte contre les hépatites virales qui se tient ce mercredi, 0,3% des 18-75 ans seraient atteints d'une hépatite B chronique, et la même proportion d'une hépatite C chronique. Cela représente "environ 135.000 individus pour chacune de ces pathologies", précise le BEH. Si les chiffres sont en baisse par rapport aux évaluations précédentes (0,65% en 2004 et 0,42% en 2011), les auteurs attirent l'attention sur le fait que l'auto-dépistage sanguin à domicile et l'utilisation du téléphone pour mener l'enquête ont pu exclure "les populations marginalisées, pour lesquelles les prévalences de l’HCC et de l’HCB [hépatite C chronique et hépatite B chronique, ndlr.] sont probablement plus élevées".

Hépatite B et C, des infections qui passent souvent inaperçues

Le virus de l'hépatite B se transmet par contact avec le sang ou lors de rapports sexuels. Après une période d'incubation de 30 à 180 jours, il peut ensuite causer une fatigue importante. De la fièvre, des nausées et vomissements, une perte d’appétit, ou encore des douleurs musculaires et articulaires peuvent être aussi les premiers signes de l'hépatite virale B aiguë. "Quelquefois, l'urine devient plus sombre, les selles sont blanchâtres et la peau prend une teinte jaunâtre", indique sur son site l'Assurance Maladie. Si, dans 1% des cas, l'infection peut être "fuminante", avec la formation de lésions sur le foie, mettant la vie du patient en danger, elle passe cependant fréquemment inaperçue. Elle est malgré tout responsable de plus de 40% des cas de carcinome hépatocellulaire (cancer primitif du foie).

L'hépatite C, elle, se transmet essentiellement par voie sanguine. Le partage de matériel pour consommer de la drogue (par voie sanguine ou nasale) représente actuellement le principal mode de transmission. Une aiguille de tatouage non-stérile, ou encore le partage d'objets de toilettes peuvent également propager l'infection. Généralement asymptomatique, elle provoque des lésions inflammatoires du foie et des altérations des cellules hépatocytes, qui représentent la majorité des cellules qui composent l'organe. Si environ 15 à 30 % des personnes infectées se débarrassent du virus dans les six mois qui suivent l'infection et guérissent sans aucun traitement, 70 à 85% développent une hépatite C chronique. Celle-ci peut entraîner des cancers du foie et, dans 15 à 30 % des cas, une cirrhose après plusieurs années d'évolution.

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Mieux prévenir et mieux dépister, les deux objectifs des autorités de santé

Pour mieux prévenir ces infections, les autorités de santé disent notamment compter sur les recommandations vaccinales, qui visent à couvrir 95% de la population, et l'utilisation du préservatif. Concernant l'hépatite C, dont la stratégie de dépistage est actuellement en cours de réévaluation par la Haute Autorité de santé, "l’une des options envisagées consisterait en un dépistage combiné des virus des hépatites C (VHC) et B (VHB) et du VIH au moins une fois au cours de la vie pour l’ensemble des adultes".

Concernant le dépistage, qui doit aussi être amélioré, Jérôme Salomon, directeur général de la Santé qui signe l'éditorial de ce numéro du BEH, estime qu'il est nécessaire de "renforcer [les] actions de dépistage, lever tous les freins au dépistage, et parallèlement, favoriser le dépistage répété parmi les populations les plus exposées". Des objectifs qui s'inscrivent dans le cadre de ceux fixés par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). D'ici à 2030, celle-ci souhaite que 90% des personnes infectées soient diagnostiquées. Selon les estimations, à prendre toutefois avec précaution "étant donné le très faible nombre de participants testés positifs" sur l'échantillon, c'est pour l'instant le cas de 80% des personnes atteintes d'une hépatite C et de 17,5% de celles touchées par l'hépatite B.

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