Hypertension : qu'est-ce que "l’effet blouse blanche", lié à un risque important de décès ?

Bien-être
RÉACTION - Près d’un adulte sur trois souffre d'hypertension artérielle. Parmi eux, nombreux sont ceux à souffrir de "l'effet blouse blanche", soit l'augmentation de la tension artérielle uniquement lors d'un rendez-vous médical. Selon une large étude, celui-ci augmenterait les risques de mourir d'une maladie cardiaque.

"La mesure de la pression artérielle est probablement l'acte médical le plus souvent réalisé et certainement un des moins fiables", affirme d'emblée la Revue Médicale Suisse dans l'un de ses articles. Pour cause, nombreux seraient les patients à voir leur pression artérielle augmenter lors d'une consultation médicale, alors qu'elle est parfaitement normale en dehors.


Ce phénomène, communément appelé "effet blouse blanche", est largement décrit dans la littérature scientifique. Il est attribué à la blouse du médecin, mais pas à celle de l'infirmière. En 2014, dans une méta-analyse d'une quinzaine d'études menées dans dix pays et portant sur plus de 1000 personnes, des chercheurs britanniques avaient ainsi montré que pour un même patient, la différence pouvait aller jusqu'à 7 mm de mercure entre les mesures faites par le médecin et celles réalisées par l'infirmière.

Deux fois plus de chances de mourir d'une maladie cardiaque sans traitement

Si cette hausse subite de tension peut paraître anodine, elle pourrait ne pas l'être. D'après une nouvelle méta-analyse américaine basée sur 27 études rassemblant plus de 64.000 participants en Europe, en Asie et aux États-Unis, les patients présentant cette condition et ne prenant pas de médicament contre l'hypertension ont 36% de risques en plus de souffrir d'une maladie cardiaque et deux fois plus de chances d'en mourir que ceux qui ont une tension normale. Un phénomène que cette étude se contente de décrire, sans expliquer ce qui peut le provoquer.


Selon Jordana Cohen, co-auteure de l’étude parue lundi dans Annals of Internal Medicine et relayée par CNN, ces résultats se vérifient surtout lorsque les participants avaient en moyenne 55 ans ou plus et lorsque les études incluaient des patients ayant une maladie cardiovasculaire antérieure. Les patients victimes de "l'effet blouse blanche", mais qui prenaient un traitement contre l'hypertension, n'ont quant à eux pas été touchés par cette hausse du nombre de maladies cardiaques et de la mortalité.

Une étude qui remet en question les recommandations de la Société française d'hypertension artérielle

Bien que davantage de recherches soient nécessaires pour comprendre ce phénomène de la blouse blanche et pour confirmer les résultats de cette méta-analyse, ces derniers viennent à l'encontre des récentes recommandations de la Société française d'hypertension artérielle (SFHTA). Celle-ci plaide pour l'automesure, soit la prise de tension par les patients eux-mêmes, afin, justement, d'éliminer "l'effet blouse blanche" et d'éviter d'attribuer à ces patients des traitements qui exposent "au risque

d’hypotension et de chutes". "En fait, nous ne devrions plus prendre la tension au cabinet. Les patients devraient arriver en consultation avec sur une feuille leurs chiffres de tension moyens relevés sur une semaine", estimait ainsi auprès de Sciences et Avenir en janvier le professeur Thierry Denolle, président de la SFHTA.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter