Infections nosocomiales : prendre une chambre individuelle à l'hôpital diminuerait jusqu'à 70% le risque

Bien-être

PRÉVENTION - Selon une étude canadienne parue lundi dans JAMA Internal Medicine, opter pour une chambre individuelle à l'hôpital peut diminuer de 70% le risque d'être infecté par une bactérie résistante aux antibiotiques. Toutes ne sont cependant pas aussi sensibles à cet environnement clos.

Depuis plusieurs années, les hôpitaux européens sont sur le qui-vive. Ceux-ci sont petit à petit colonisés par une "super-bactérie" résistante aux antibiotiques. Baptisée Klebsiella pneumoniae, elle a été liée au décès de plus de 2.000 patients sur le Vieux continent en 2015, soit six fois plus qu'en 2007. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) l'a placée en février 2017 sur sa liste des douze bactéries ultra-résistantes qui présentent le plus grand danger pour les humains et requièrent la création de nouveaux traitements antibiotiques.

Si pour l'instant, aucune véritable solution n'a été trouvée pour entériner cette menace, une nouvelle étude montréalaise publiée lundi dans la revue JAMA Internal Medicine affirme que les chambres individuelles diminuent le problème des infections résistantes aux antibiotiques.

Le nombre d'infections à une bactérie diminué de 70%

Il y a cinq ans, l'hôpital Royal Victoria, à Montréal, déménageait au campus Glen situé au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), dans la même ville. Ce nouvel établissement a la particularité de ne compter que des chambres individuelles, ce qui n'était pas le cas dans l'ancien. Emily Gibson McDonald, infectiologue au CUSM, et plusieurs de ses collègues y ont vu l'opportunité de mesurer l'influence de cet environnement sur la santé des patients.

S'intéressant d'abord à l’entérocoque résistant à la vancomycine (ERV), -qui peut causer, chez des personnes en mauvaise santé, une infection urinaire, l'infection d'une plaie ou, plus rarement, une infection du sang- ils ont vu le nombre d'infections chuter de 70%. Dans une interview accordée Journal de Montréal, Emily Gibson McDonald assure qu'elle s'attendait bien à constater une baisse du nombre des infections, mais "pas aussi énorme et si rapidement". Même plusieurs années après l’arrivée dans ce nouvel hôpital, les taux sont restés bas, bien en dessous de la moyenne provinciale.

Des résultats aléatoires selon les bactéries

Lors de cette étude, deux autres infections nosocomiales résistantes aux antibiotiques ont également été observées : le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM) et le Clostridioides difficile (CDI). Pour le premier, une baisse du nombre de personnes porteuses de cette bactérie, sans pour autant qu'une infection ne se déclare, a été observée. Le nombre d'infections n'a en revanche pas diminué. Aucune évolution n'a été observée pour le CDI. Le cas de la super-bactérie Klebsiella pneumoniae n'a quant à lui pas été étudié.

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Pour les auteurs de l'étude, même si ce passage à des chambres individuelles n'a pas donné lieu à une baisse des infections pour toutes les bactéries résistantes étudiées, ces résultats pourraient avoir une influence importante sur la façon dont sont construits les hôpitaux pour contrôler les infections. Mais alors que près de la moitié des hôpitaux publics dotés d'une structure d'urgence est actuellement en grève en France pour demander plus de moyens et plus de lits, la question des chambres individuelles semble bien loin d'être prioritaire.

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