Troubles neurologiques, tétraplégie... De plus en plus de "cas graves" liés au gaz hilarant

Troubles neurologiques, tétraplégie... De plus en plus de "cas graves" liés au gaz hilarant
Bien-être

ALERTE - Les autorités sanitaires tirent la sonnette d'alarme. Elles observent une recrudescence de troubles neurologiques et autres pathologies graves liées à l'inhalation de gaz hilarant. En vente libre, ces capsules de gaz à usage culinaire sont détournées et utilisées comme drogue par de plus en plus de jeunes.

Il suffit d'observer le sol de parkings de boîtes de nuit ou même de supermarchés pour s'en apercevoir. Des capsules de gaz qui jonchent le sol, jetées après utilisation. Vendues pour, notamment, les siphons à chantilly, elles sont détournées de leur utilisation, vidées dans des ballons de baudruche et inhalées par un public souvent très jeune. L'effet est immédiat et provoque d'irrépressibles fous rires. 

Mais pas sans risque. A tel point que les autorités sanitaires se sont alarmées mardi d'une "augmentation des cas de troubles neurologiques graves" liés à l'usage de "gaz hilarant". Depuis début 2019, "25 signalements d'effets sanitaires sévères" liés à un usage récréatif de protoxyde d'azote ont été repérés, ont détaillé dans un communiqué commun la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildeca) et la Direction générale de la Santé. Parmi eux, "10 (cas) graves avec des séquelles pour certains" ont été recensés, dont huit rien que dans les Hauts-de-France, région la plus touchée par ce phénomène. 

Une limitation de la vente à l'étude

L'inhalation de "gaz hilarant" a par exemple engendré une paraplégie (paralysie des membres) et une tétraparésie (paralysie légère qui diminue la possibilité de contraction des muscles des bras et des jambes), a précisé le ministère de la Santé. 

Un phénomène en forte hausse. En 2018, seuls 14 cas d'effets sanitaires sévères, dont un grave, avaient été comptabilisés. 

"Cette évolution des pratiques s'accompagne d'une augmentation du nombre de signalements d'effets sanitaires graves, avec atteintes du système nerveux central et de la moelle épinière", s'alarment les autorités sanitaires dans leur communiqué. 

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"Il est urgent de débanaliser cet usage qui, depuis deux ans, touche de plus en plus de jeunes qui n'ont pas conscience des risques encourus", selon le président de la Mildeca, Nicolas Prisse. Parmi les "risques immédiats" encourus : "asphyxie par manque d'oxygène, perte de connaissance, brûlure par le froid du gaz expulsé de la cartouche", notamment. Les autorités sanitaires insistent également sur les risques "en cas d'utilisation régulière" ou "à forte dose" : "atteinte de la moelle épinière, carence en vitamine B12, anémie, troubles psychiques". Un risque qui augmente encore quand ils sont consommés avec de l'alcool ou d'autres drogues. Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement envisage de limiter les volumes de vente ou de classer les cartouches de protoxyde d'azote comme "produit dangereux".

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