Eczéma : comment la peau est étroitement liée au cerveau

Bien-être
ÇA CHATOUILLE OU ÇA GRATTOUILLE ? - Depuis une quarantaine d'années, les cas d'eczéma sont de plus en plus nombreux. La forme la plus courante de l'affection, la dermatite atopique, touche environ 10% des enfants. Elle est non seulement causée par une hypersensibilité cutanée, mais aussi psychique. Les explications d'un dermatologue, à l'occasion de la journée nationale de l'eczéma, qui se tient ce samedi 1er juin.

Rougeurs, démangeaisons, cicatrices... Chez les personnes atteintes, l'eczéma peut être une véritable plaie. Sa forme la plus courante, la dermatite atopique, est une maladie chronique aux facteurs multiples. Elle évolue par poussées récurrentes. Les patients, de plus en plus nombreux ces quarante dernières années, sont contraints de vivre au rythme de leurs apparitions et disparitions. Des allées et venues liées à une hypersensibilité cutanée, mais aussi au psychique.


Contactée par LCI à l'occasion de la journée nationale de l'eczéma le samedi 1er juin, la dermatologue Catherine Oliveres-Ghouti nous explique les mécanismes de cette maladie "très complexe" qui touche environ 2% de la population, dont un enfant sur dix.

Une hypersensibilité cutanée

"La dermatite atopique est une maladie inflammatoire avec une prédisposition génétique familiale", explique la dermatologue. De 50 à 70% des enfants touchés ont ainsi un parent atteint. Les premiers signes se déclarent avant l'âge d'un an avec l'apparition de plaques sur le front, le menton, les joues, les bras et les jambes. Les plis derrière et sous les pavillons d'oreille sont aussi souvent suintants et fissurés.


Ces affections sont causées par une hyper-sensibilité de la peau. "Les patients atteints de dermatite atopique ont un microbiote cutané différent, plus sensible aux allergènes. Ils présentent également une barrière cutanée de mauvaise qualité, ce qui entraîne la pénétration plus facile de ces allergènes". Certains composants des savons, les pollens ou encore les acariens, normalement bien tolérés, stimulent alors le système de défense immunitaire qui va réagir de façon excessive à ce qu'il considère comme une agression et entraîner l'apparition de l'eczéma. "La situation s'améliore dans la grande majorité des cas à l'adolescence grâce aux hormones sexuelles qui rendent la peau plus grasse" et donc plus perméable, indique Catherine Oliveres-Ghouti. Dans 10 à 15% des cas, cependant, l'eczéma atopique persiste jusqu’à l’âge adulte.

Une hypersensibilité affective

Au-delà de cette hyper-réactivité aux allergènes, l'eczéma est aussi lié à une hypersensibilité affective. Le stress ou un choc émotionnel peuvent ainsi également causer des poussées. Chez les enfants, une petite contrariété à l’école ou un doudou perdu peut par exemple déboucher sur l'apparition de plaques. 


Une particularité qui s'explique assez simplement, pour Catherine Oliveres-Ghouti.  "Lorsque le bébé n'est encore qu'au stade de l’œuf, la partie externe, appelée ectoderme et comparable au blanc d’un œuf de poule, donne lieu à la formation de trois organes : la peau, les yeux et le cerveau. Cela explique les relations extrêmement étroites entre la peau et le cerveau."

Des soins adaptés pour apaiser

"Ce n'est pas pour autant que l'on envoie les patients chez le psychiatre !", avertit, sur le ton de l'humour, la professionnelle. La dermatite atopique se traite avant tout chez le dermatologue, qui s'applique en premier lieu à déterminer les allergènes responsables des poussées. Certains produits d'hygiène ou aliments peuvent ainsi être écartés pour limiter l'apparition des plaques. Pour calmer l'inflammation et les démangeaisons, il est d'usage d'utiliser un dermocorticoïde local à appliquer sur les lésions d'eczéma. 


La délivrance d'antihistaminique sur une courte durée peut d'autre part aider à apaiser l'hyperactivité immunitaire du corps, tandis que l'utilisation de produits d'hygiène doux et l'espacement des douches permet d'épargner le film hydrolipidique de la peau. "En tant que dermatologues, nous demandons aux patients de ne se laver que deux ou trois fois par semaine avec un bon savon et de se crémer tous les jours pour réparer leur film cutané. L’hydratation de la peau est fondamentale", insiste Catherine Oliveres-Ghouti. Et d'ajouter : "Les patients doivent apprendre à gérer leur peau et leur stress".

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