La flambée de rougeole en Europe inquiète l'OMS : comment repérer et combattre cette maladie contagieuse

Bien-être

VIRUS DANGEREUX - L’Organisation mondiale de la santé alerte ce jeudi sur le retour de la rougeole en Europe. Elle appelle à intensifier la vaccination pour combattre cette maladie extrêmement contagieuse.

L’Organisation mondiale de la santé tire la sonnette d'alarme. L'Europe connaît une flambée des cas de rougeole, s'est-elle inquiétée jeudi, appelant à intensifier la vaccination en soulignant que cette maladie a resurgi dans quatre pays où elle était considérée comme éliminée : le Royaume-Uni, la Grèce, la République tchèque et l'Albanie. Au total, l'OMS fait état de 89.994 cas recensés dans 48 pays européens au premier semestre 2019, plus du double par rapport à la même période de l'an dernier (44.175) et d'ores et déjà davantage que pour toute l'année 2018 (84.462).

En France, la maladie, endémique, a beaucoup fait parler d'elle ces derniers mois. En mai dernier, une épidémie s'était ainsi déclarée en Nouvelle-Aquitaine après la foire au jambon de Bayonne. La région Auvergne-Rhône-Alpes a également connu une hausse significative du nombre de cas depuis le début de l'année. L'Agence régionale de santé (ARS) a notamment évoqué dix-huit cas survenus dans la station de ski de Val Thorens (Savoie). Dans un bulletin épidémiologique consacré à la rougeole début février, l'organisme Santé publique France signalait une recrudescence de la maladie dans l'Hexagone depuis fin 2017. Et on se souvient qu'une famille française, deux parents et leur fils de 5 ans, a été placée à l'isolement au Costa Rica en février dernier après que le petit garçon, qui n'avait pas été vacciné contre la rougeole selon les autorités locales, a présenté quelques heures après leur atterrissage dans le pays les symptômes de la maladie.

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Une maladie contagieuse qui doit être combattue par la vaccination du plus grand nombre

La rougeole est une maladie extrêmement contagieuse. Une personne contaminée peut infecter quinze à vingt individus, contre un à trois pour une personne grippée. En effet, la transmission du virus se fait sans contact physique, par voie aérienne (sécrétions du nez ou de la bouche), soit directement à partir d'une personne malade, soit indirectement à cause du contact avec une surface contaminée ou en raison de la persistance du virus dans l'air.

La seule façon de lutter contre cette maladie, c'est le vaccin. Il est bien toléré, efficace et pris en charge à 100% par l'Assurance maladie jusqu'à 17 ans (à 65% au-delà). Il consiste en deux doses, la première à 12 mois et l'autre entre 16 et 18 mois. En France, en 2007, seulement 90,1% des enfants de 2 ans étaient vaccinés. Selon l'OMS pourtant, il faudrait qu'au minimum 95% de la population soit vaccinée pour éradiquer le virus. Une vaccination de rattrapage est recommandée à toutes les personnes nées depuis 1980 qui n'ont pas été vaccinées et n'ont jamais eu la rougeole. Cela les protégerait toute leur vie contre le virus.

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Les complications possibles après les symptômes

Si la vaccination est si importante, c'est que la rougeole, ce n'est pas seulement de la fièvre, de la toux, un écoulement du nez, des yeux rouges, des paupières gonflés, un larmoiement, une grande fatigue puis l'apparition de petites taches rouges sur tout le corps. C'est une maladie qui peut être grave et qui peut engendrer des complications nécessitant une hospitalisation. Quelques exemples :


⇒ une bronchopneumonie avec des difficultés respiratoires sévères,
⇒ une encéphalite , c'est-à-dire une inflammation du cerveau, dans un cas sur mille, qui peut entraîner un décès et dans 30% des cas des séquelles graves irréversibles à l'instar d'une paralysie ou d'une épilepsie,
⇒ une conjonctivite évoluant vers une kératite (atteinte de l'œil) et la perte de la vue.

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Pas seulement les enfants

Et les enfants ne sont donc pas les seuls concernés : la rougeole peut survenir à n'importe quel âge, si l'on n'a pas été vacciné ou lorsque l'on n'a pas déjà contracté le virus. Ainsi, la moitié des cas déclarés en 2010 concernait les plus de 15 ans, avec une proportion d'hospitalisation de 45% chez les 20-29 ans. C'est au sein de cette classe d'âge que les conséquences graves sont les plus fréquentes, aux côtés des nourrissons de moins de 12 mois, des femmes enceintes et des personnes aux défenses immunitaires affaiblies. 

L'épidémiologiste Isabelle Parent du Châtelet, de l'Institut de veille sanitaire, rappelle sur le site InfoRougeole que ces cas seraient évitables "si l'on procédait systématiquement à une vaccination de rattrapage des adolescents et jeunes adultes".

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