La pollution de l’air peut-elle être à l’origine de fausses couches ?

Bien-être

SANTÉ – La pollution de l’air serait-elle responsable de certaines fausses couches ? Des chercheurs de l’université de Pékin ont établi une corrélation entre la mauvaise qualité de l’air respiré et les risques de fausses couches durant le premier trimestre de la grossesse.

Existe-t-il un lien entre la pollution atmosphérique et le risque de fausses couches durant le premier trimestre de grossesse ? Oui, selon des chercheurs chinois, qui viennent de publier une étude en ce sens dans Nature sustainability. Ces fausses couches, dites "silencieuses" car détectées seulement lors d’une consultation chez le gynécologue, pourraient être liées à la mauvaise qualité de l’air, selon les chercheurs.

Pour parvenir à cette hypothèse, les scientifiques ont étudié les grossesses de plus de 250.000 Pékinoises, entre 2009 et 2017. Parmi elles, 17.497 ont fait une fausse couche dite "silencieuse", soit presque 7% des femmes participant à l’étude.

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Les chercheurs ont également analysé le niveau de pollution auquel elles étaient soumises, en se concentrant sur quatre sources de pollution : les particules fines, le dioxyde de souffre, l’ozone et le monoxyde de carbone. Les données des stations d’analyse de l’air situées à proximité des lieux fréquentés par ces femmes (habitations, travail…) ont alors été analysées.

Suffisant pour en conclure que la pollution atmosphérique impacte négativement les grossesses ? Non, car rien ne prouve scientifiquement que les fausses couches de ces pékinoises étaient directement liées à la pollution. Cependant, depuis 2014 et la décision du gouvernement chinois de prendre des mesures pour réduire la pollution de l’air, le nombre de fausses couches est en baisse, comme le rappelle Le Figaro

Et en France ?

Ce constat des chercheurs chinois est-il transposable en France ? L’étude portait en effet sur des habitantes de Pékin, quatrième ville la plus polluée au monde en 2018, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Paris, ville la plus polluée de France, figure "seulement" à la 17e place de ce classement. La pollution de l’air en France peut-elle alors causer les mêmes dommages qu’en Chine ?

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Pour Olivier Blond, président de Respire, l’association nationale pour la prévention et l’amélioration de la qualité de l’air, la pollution atmosphérique est particulièrement néfaste pour les femmes enceintes. "En France, on n’a pas de données sur les fausses couches, mais on a plein de données sur d’autres manières dont la pollution impacte la grossesse. On sait par exemple que la pollution de l’air augmente le risque de prématurité et diminue le poids des nourrissons à la naissance. Les bébés, qui sont exposés à la pollution à travers le ventre de leur mère, naissent plus petits et plus précoces", explique-t-il à LCI.

Des conseils simples pour moins s'exposer

Pour éviter d’être confronté à une atmosphère trop polluée, mieux vaut s’éloigner des grandes zones urbaines. "Les problèmes sont proportionnels à la quantité de pollution absorbée. Les centres villes des grandes métropoles occidentales sont plus pollués que les campagnes ou les zones périurbaines. C’est donc logiquement que les risques liés à la pollution pour les femmes enceintes soient plus élevés dans les grandes métropoles", détaille Olivier Blond.

Mais pour le président de l’association Respire, des solutions simples existent pour échapper aux molécules toxiques, même en habitant en agglomération. "Quand vous vous baladez, privilégiez un parc plutôt que long du périphérique. En voiture, évitez les embouteillages, et préférez les moments calmes dans la ville pour vous déplacer", détaille Olivier Blond.

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