La pollution de l'air soupçonnée d'affecter le cycle menstruel des femmes

La pollution de l'air soupçonnée d'affecter le cycle menstruel des femmes
Bien-être

SANTÉ ENVIRONNEMENTALE - Selon des chercheurs de l'Inserm, la pollution atmosphérique pourrait avoir un impact sur le cycle menstruel des femmes. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée en France pendant un mois.

S'il n'est plus à prouver que la pollution de l'air représente un risque majeur pour la santé, elle pourrait également avoir des conséquences sur le cycle menstruel des femmes. En effet, des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) estiment, dans une étude publiée cette semaine, que les particules fines présentes dans l'atmosphère ont tendance à faire croître la durée de la phase folliculaire du cycle des femmes. Cette phase "correspond à la croissance d'un ovocyte jusqu'à l'ovulation", définit l'Inserm.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont suivi 184 femmes pendant 30 jours, "dans le cadre de l'Observatoire de la fertilité en France". Ces femmes n'utilisaient pas de contraception hormonale et devaient recueillir de l'urine presque quotidiennement. "Des dosages hormonaux ont ensuite permis d'évaluer le jour correspondant à l'ovulation et de quantifier la durée de la phase folliculaire et de la phase lutéale", cette dernière se situant après l'ovulation. Les niveaux de pollution auxquels étaient exposées ces femmes ont également été calculés.

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La pollution perturbe l'axe qui assure la régulation du cycle menstruel

Les chercheurs ont alors observé que "chaque augmentation de 10 microgrammes par mètre cube de la concentration en particules fines dans l'air sur la période de 30 jours avant le cycle était associée à une augmentation de la durée de la phase folliculaire d'environ 0,7 jour". En moyenne, cette phase doit normalement durer 14 jours. Aucune variation de la durée de la phase lutéale ou du cycle total n'a en revanche été constatée par les scientifiques, dont les travaux sont parus dans la revue Environmental Pollution.

Ces résultats "sont cohérents avec les données plus fondamentales suggérant que la pollution atmosphérique peut perturber l'axe qui contrôle le cycle menstruel et les hormones de stress comme le cortisol, qui peuvent l'influencer", affirme Rémy Slama, directeur de recherche à l'Inserm. L'axe dont parle le chercheur est l'axe hypothalamo-hypophysaire-ovarien, une chaîne de transmission d'informations hormonales, qui assure la bonne régulation des phases du cycle menstruel. C'est cet axe qui pourrait être altéré par les particules fines et donc augmenter le temps jusqu'à l'ovulation.

Les chercheurs ne s’avancent pas sur l’éventuel impact sur la fertilité féminine de cet allongement de la durée de la phase folliculaire. "Il s'agit de travaux originaux qui génèrent une hypothèse nouvelle. Il faudra probablement un certain temps pour l'infirmer ou la confirmer sur de plus grands échantillons de population, étant donné le coût et l'effort que représentent de telles études",  conclut Rémy Slama dans des propos relayés par l'Inserm.

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