La septicémie provoquerait plus de décès que le cancer dans le monde

La septicémie provoquerait plus de décès que le cancer dans le monde
Bien-être

MORTALITÉ - Selon une étude américaine, un décès sur cinq dans le monde est causé par une septicémie. Cette infection du sang est à l’origine de deux fois plus de morts qu’on ne le pensait précédemment.

Le cancer est-il vraiment la deuxième cause de décès dans le monde derrière les maladies cardiovasculaires ? Non, selon une nouvelle étude réalisée par des chercheurs américains, qui estiment que la septicémie est à l’origine de 11 millions de morts par an, soit plus que le cancer à l’échelle mondiale. 

La septicémie est une infection grave qui apparaît lorsque l’organisme combat une première infection, provoquée par une bactérie ou un virus. Si elle est non ou mal soignée, cette première infection peut se généraliser dans l’organisme par le sang, et devenir une septicémie. Elle touche le plus souvent les personnes fragiles, des plus âgées jusqu'aux enfants, et peut être contractée dans son quotidien, mais aussi à l'hôpital. On parle alors d'infection nosocomiale. Cette maladie est considérée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme "la cause de décès et d'invalidité la plus facilement évitable en Europe". Mais selon les chercheurs, le nombre de décès provoqués par cette infection serait largement sous-évalué.

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Deux fois plus de septicémies qu'on ne le pensait

Pour le savoir, les chercheurs ont pris en compte les données de 2017, qui regroupaient 282 causes sous-jacentes de décès dans 195 pays différents. "Comme la septicémie est généralement considérée comme une cause intermédiaire plutôt que sous-jacente de décès, elle n’a pas été correctement prise en compte", est-il écrit dans le rapport. Les scientifiques ont alors cherché à calculer l’impact de la septicémie dans les décès. Ils ont "utilisé les registres de l’état civil pour modéliser la fraction de décès pour chaque cause sous-jacente liée à la septicémie".

Ensuite, les chercheurs ont "multiplié ces fractions de septicémie par le nombre de décès des pays pour chaque cause sous-jacente liée à la septicémie, afin de déterminer les décès par septicémie dans chaque pays". Et leurs résultats sont sans appel : "le fardeau mondial de la septicémie est le double de celui des estimations précédentes", alarment-ils. Selon eux, la septicémie toucherait 49 millions de personnes sur la planète, et tuerait chaque année 11 millions d’individus.

Un chiffre très élevé, plus que celui du nombre de décès provoqués par les cancers. Selon l’OMS, en 2015, le cancer était en effet à l’origine d’un décès sur 6 dans le monde, soit près de 9 millions de morts. 

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Infections nosocomiales : la proportion de patients infectés ne diminue pas

Une infection en baisse mais très présente dans les pays les plus pauvres

Bonne nouvelle que soulignent les chercheurs : le nombre de septicémies dans le monde est en baisse. "Il y avait plus de 60 millions de cas en 1990", soit plus de 10 millions de plus qu’en 2017, soulignent les scientifiques dans le rapport de l’étude publiée dans la revue The Lancet. Cependant, cette infection est encore très présente, notamment dans les pays les moins développés : "environ 85% des décès liés à la septicémie" ont lieu dans les "pays à revenu faible et intermédiaire".

Les pays les plus riches ne sont pour autant pas épargnés. Selon la BBC, 48.000 habitants du Royaume-Uni décèdent chaque année à cause d'une septicémie. "Le taux de mortalité y est plus élevé que dans des pays comme l’Espagne ou la France", précise le média anglais. 30.000 Français décéderaient tout de même tous les ans à cause de cette infection, détaillait en 2014 pourquoidocteur.

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