Le Canada pourrait l'interdire dans certains produits d'hygiène : pourquoi le talc peut "nuire à la santé"

Bien-être

PRÉCAUTION - Le talc pourrait bientôt disparaître des rayons de produits d'hygiène au Canada. Le ministère fédéral de l’Environnement du Canada, qui a mené une étude sur cette poudre de minerai, a déterminé que son utilisation pourrait "nuire à la santé humaine".

Cela fait plusieurs années qu’il est sur le fil du rasoir. Au Canada, le talc pourrait bientôt être interdit dans la composition de plusieurs produits en vente libre tels que les cosmétiques, les produits de santé naturels. Le ministère fédéral de l’Environnement, Santé Canada, a en effet étudié sa toxicité et conclu que "l’inhalation de poudres libres à base de talc et l’utilisation de certains produits contenant du talc sur les parties génitales des femmes peuvent nuire à la santé humaine", rapporte Le Devoir.

Précédemment, d'autres études d'ampleur avaient déjà soulevé l'existence d'un risque lié à l'utilisation de talc pour l'hygiène. LCI fait le point.

Toux, fibrose et risque de cancers

L’inhalation des particules fines de cette poudre issue du minerai du même nom, représenterait le plus grand danger. Absorbé dans les poumons, il peut engendrer des désordres respiratoires "tels que la toux, des troubles respiratoires, la diminution de la fonction pulmonaire et la fibrose", indique Santé Canada dans un communiqué.

L’application du talc sur la zone périnéale, par le biais de déodorant génital ou de crèmes pour les irritations et l’érythème fessier, représenterait pour sa part une cause possible du cancer de l’ovaire. Aux Etats-Unis, les procès se multiplient d’ailleurs à l’encontre du groupe Johnson & Johnson à ce sujet. Le géant pharmaceutique est poursuivi par des milliers de femmes qui l’accusent d’avoir fermé les yeux sur les dangers que représentent ses produits à base de talc. Plusieurs d’entre elles sont atteintes de cancers. En juillet dernier, la firme a été condamnée à verser 4,69 milliards de dollars de dommages et intérêts à vingt-deux femmes et leurs familles.

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Le talc susceptible de contenir de l'amiante

Jusqu'alors, deux grandes études ont été menées sur la toxicité du talc. Elles avaient suivi de façon respective 8.525 et 2.041 patientes sur plusieurs années, pour conclure qu’il existe un risque faible mais significatif d’augmentation du cancer des ovaires en cas d’exposition au talc. Par le biais de son agence pour la recherche sur le cancer, l’IARC, L'OMS, elle, ne classifie pas le talc en lui-même comme cancérigène. L'organisation estime cependant que l’utilisation du talc comme poudre d’hygiène en périphérie des zones intimes est un "cancérigène possible".

Si, depuis les années 1970, le talc doit être systématiquement purifié avant sa mise sur le marché en Europe et aux Etats-Unis, s’il est destiné à l’hygiène, l'Agence nationale de la sécurité sanitaire (Anses) affirmait en 2012 dans un rapport qu'il était susceptible de contenir des fibres minérales, dont de l'amiante. D'autres minéraux peuvent en effet être présents dans la carrière d'où est extrait le talc. Ainsi, en 2009, des médias sud-coréens avaient fait état de la présence d'amiante dans 12 marques de poudres pour bébés commercialisées dans le pays, dont du talc de marque allemande, rapporte Franceinfo.

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