Le "Jelqing", une soi-disant méthode d’agrandissement du pénis, inquiète les sexologues

Bien-être
COMPLEXE - Chez les hommes, la taille du pénis peut être une vraie source de préoccupation. Une technique vantée sur Internet pour ses supposés effets agrandissants inquiète des sexologues et urologues : le Jelqing, qui consiste à tirer de manière répétée sur l'organe pour espérer l'agrandir.

Pour tenter d'agrandir leur pénis, certains hommes sont prêts à tout. Et même à suivre les conseils hasardeux circulant sur les réseaux sociaux. L’une des tendances actuelles inquiète inquiète ainsi urologues et sexologues. Nommée "Jelqing", elle consiste à tirer sur le pénis lorsqu’il est à moitié en érection. La méthode est non seulement inefficace, mais peut aussi être dangereuse.


Dans un tweet relayant un avis publié le 31 juillet par la société internationale de médecine sexuelle (ISSM), Gilbert Bou Jaoudé, médecin sexologue et membre du Centre d'études et de traitements des dysfonctions sexuelles et du couple de Lille, a mis en garde ceux qui pourraient se laisser tenter : "Vous connaissez le JELQ ? Ça consiste à tirer sur le pénis en semi-érection en faisant des mouvements comme pour 'traire' dans l’espoir de l’allonger. C’est fragile un pénis, soyez doux !". 

Une méthode brutale qui peut se prolonger jusqu'à 20 minutes

"Les techniques de Jelqing peuvent varier, mais en général, l’homme l’initie alors que son pénis est quasiment en érection. Ensuite, il forme un anneau avec son pouce et son index et le passe autour de la base de son pénis. Il déplace ensuite cet anneau jusqu’au sommet, exerçant une pression pour étirer le pénis. La procédure est répétée plusieurs fois. Certains hommes pratiquent le jelq jusqu’à 20 minutes", explique sur son site la Société internationale de médecine sexuelle.


La méthode est vantée sur certains sites et sur les réseaux sociaux pour améliorer la circulation du sang dans le pénis, permettant ainsi une érection plus importante, et créer des micro-cicatrices sur la peau qui, en cicatrisant, formeraient de nouvelles cellules et agrandiraient le pénis. Pour autant, alerte l’ISSM, rien de tout cela n’a jamais été scientifiquement prouvé, contrairement au risque de mener à "l’apparition de cicatrices, de douleurs et de déformations".

Le risque de développer la maladie de Lapeyronie (et de ruiner sa vie sexuelle)

L’un des risques du Jelqing est de développer la maladie de Lapeyronie, qui se manifeste par une déformation de la verge se traduisant par une courbure, un rétrécissement, un étranglement ou un raccourcissement. Trop malmené, le pénis peut en effet créer des couches de tissu cicatriciel sous la peau, afin de réparer les dommages causés par un étirement répété et brutal. Ces nouveaux amas de peau font perdre de l'élasticité au sexe et peuvent, selon l’endroit où ils se trouvent, entraîner une torsion. Selon le degré de déformation, les rapports sexuels peuvent ensuite devenir très difficiles, une situation qui peut être psychologiquement dévastatrice. De 3,4 à 9% des hommes seraient concernés par cette maladie.

Plus d'un tiers des hommes de moins de 25 ans complexés par la taille de leur pénis

Plus d'un tiers des hommes de moins de 25 ans a déjà été complexé par la taille de son pénis, affirmait en 2014 un sondage Ifop. "Beaucoup d'entre eux l'associent à leur masculinité et à leur virilité", note l'ISSM. La plupart du temps pourtant, l'allure de leur verge est tout à fait dans la norme. En cas de complexe important, la meilleure solution, avant de tenter toute technique hasardeuse visant à l'agrandir, est de consulter un sexologue, ou du moins, dans un premier temps, son médecin, pour envisager un suivi ou une intervention médicale si nécessaire.

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