Le tabac diminuerait les risques d'endométriose (mais il ne faut pas se mettre à fumer pour autant)

Bien-être

CONTRADICTOIRE - A quoi l'endométriose est-elle due ? Alors que 10 % des femmes en âge de procréer souffrent de cette maladie gynécologique, les connaissances à son sujet sont encore peu nombreuses. Le passage en revue de la littérature scientifique sur le sujet a cependant récemment permis d'établir des facteurs augmentant ou diminuant le risque. Le tabac figurerait paradoxalement dans les deux catégories.

Endométriose. Ce mot, encore mystérieux, voire tabou, est pourtant de plus en plus prononcé. D'une part, par les milliers de femmes qui en souffrent. D'autre part, par les scientifiques qui commencent tout juste à se pencher sur cette maladie gynécologique. Ces cinq dernières années, les études à son sujet se multiplient pour tenter de combler l'indifférence dont elle a été victime pendant tant d'années. Excepté qu'elle se manifeste par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l'utérus, on ne sait pas grand chose de cette maladie. Si ce n'est la souffrance qu'elle provoque. À quoi est-elle due ? Comment la diagnostiquer efficacement ? La soigner ? Quels sont les facteurs de risques ?

A présent, peu de recherches en épidémiologie permettent de répondre à ces questions. Un recensement de la littérature scientifique auquel ont participé des chercheurs du monde entier, dont ceux de l'Inserm, a cependant permis d'établir quelques facteurs augmentant et diminuant le risque. Parmi eux, le tabac figure étrangement dans les deux catégories à la fois. Marina Kvaskoff, épidémiologiste et chercheuse à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), nous explique.

Le tabagisme comme facteur diminuant les risques d'endométriose ?

"Les femmes qui consomment du tabac auraient effectivement moins de risques d'avoir l'endométriose. Nous pensons que cela est dû au fait qu'il diminue la synthèse d'œstrogènes au niveau des ovaires", nous explique la chercheuse. L'endométriose étant une maladie hormono dépendante, la baisse de ces hormones féminines serait ainsi défavorable à son développement.

Pour autant, insiste Marina Kvaskoff, il est hors de question de conseiller aux femmes de fumer. Non seulement parce que les maladies qui y sont associées sont beaucoup trop nombreuses et graves mais aussi parce qu'en arrêtant de fumer, les risques de développer des pathologies, dont l'endométriose, sont accrus. Cette observation permet en revanche de "confirmer l'intérêt thérapeutique des antiœstrogènes pour lesquels il existe des médicaments beaucoup plus recommandables que la cigarette, dont les effets nocifs sont largement documentés", indique par ailleurs l'Inserm dans un communiqué.

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Le tabagisme passif, facteur de risque potentiel

Le tabagisme passif pourrait quant à lui avoir l'effet inverse. "Nous avons montré que plus les femmes y étaient exposées pendant leur enfance, plus le risque d’endométriose augmentait", indique Marina Kvaskoff. D'autres études doivent cependant confirmer la pertinence de ce facteur de risque, tout comme celle de la consommation d'alcool, de caféine ou encore les cheveux roux et les tâches de rousseur.

Un grand projet de recherche collaboratif dédié à l'endométriose, créée il y a quelques mois par l'Inserm sur la plateforme de recherche collaborative sur les maladies chroniques ComPaRe (Communauté de Patients pour la Recherche), devrait en outre, d'ici quelques années, permettre de lever de nombreux mystères qui entourent la maladie. Plus de 8.000 femmes se sont déjà portées volontaires pour participer à l'étude. À terme, les chercheurs voudraient réunir de 15.000 à 20.000 participantes.

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