Les Français pourraient perdre 2,3 ans d'espérance de vie d'ici 2050 à cause de l'obésité

Bien-être

BILAN DE SANTÉ - L'obésité et les maladies qui y sont liées pourraient faire perdre aux Français 2,3 ans d'espérance de vie d'ici 30 ans. Et ce n'est pas tout. En plus de mettre en danger les personnes concernées, elles pèsent également sur l'économie nationale, souligne un rapport de l'OCDE paru jeudi.

Alors que des professionnels de la nutrition du monde entier vont se rassembler à Dublin, en Irlande, du 15 au 18 octobre, pour discuter des toutes dernières stratégies pour aborder le problème de l'épidémie d'obésité, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) vient de publier un rapport édifiant sur cette problématique.

En étudiant la situation de 52 pays, elle affirme que les maladies liées à l’obésité causeront le décès de plus de 90 millions de personnes dans les pays de l’OCDE d'ici à 2050, amenant un recul de l’espérance de vie de près de 3 ans.

La part d'obèses en nette augmentation en France

Selon le rapport, intitulé "Le poids du fardeau de l'obésité - L'économie de la prévention", plus de la moitié de la population est aujourd’hui en surpoids dans 34 des 36 pays membres de l’Organisation, tandis que pratiquement un quart est obèse. Bien qu'important, le problème ne cesse de s'aggraver, avec une augmentation constante de l'obésité. Ainsi, "la proportion d’adultes présentant une surcharge pondérale sévère dans les pays de l’OCDE est passée de 21%, en 2010, à 24% en 2016, soit 50 millions d’obèses supplémentaires", rapportent les auteurs.

En France, la part d'obèses est passée de 11,5% en 2008 à 21,6% en 2016. En août dernier, une étude publiée par la Drees, le service statistique des ministères sociaux, indiquait d'autre part une évolution tout aussi préoccupante chez les adolescents. En 2017, 18,2% des adolescents en classe de troisième étaient en surpoids et plus d'un quart de ceux-ci (5,2%) étaient obèses. Ces proportions étaient respectivement de 17% et 3,8% en 2009. 

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Une productivité diminuée "jusqu'à 3,4%"

D'après l'Organisation, l'obésité et les maladies qui y sont associées conduiraient, dans les trois décennies à venir, à une réduction de l'espérance de vie moyenne de 2,7% dans les pays de l'OCDE, et de 2,3 années en France. Et si les Français payent cela très cher en termes de santé, les conséquences sont loin de s'arrêter là. Chez les enfants, l'obésité multiplierait par trois les risques "d’être victimes de harcèlement scolaire" et entamerait les chances de "suivre des études supérieures jusqu’à leur terme", tandis qu'elle diminuerait celles d’avoir un emploi chez les personnes adultes. "Lorsqu’elles travaillent, leur probabilité d’être absentes ou moins productives est jusqu’à 3,4 % plus importante", assure l'OCDE.

Face à cela, les auteurs du rapport estiment que l'obésité et ses conséquences médicales réduisent la production sur le marché du travail de 671.000 équivalents temps plein par an et entament ainsi de 2,7 % le PIB Français. Pour le Secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurría, cité dans un communiqué, "il est économiquement et socialement justifié d’accroître de toute urgence les investissements dédiés aux mesures de lutte contre l’obésité et de promotion de modes de vie sains". "Réclamant de "meilleures politiques sociales, économiques et éducatives pour rendre la vie meilleure", il estime qu'il "n’y a plus d’excuse à l’inaction".

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Parmi les mesures proposées, l'Organisation suggère de consacrer des moyens à l’encadrement des messages publicitaires faisant la promotion, auprès des enfants, d’aliments nocifs pour la santé, ou encore de réduire de 20% la teneur en calories des aliments trop riches, comme les chips et les confiseries. Selon le rapport, cela pourrait "éviter chaque année plus d’un million de cas de maladies chroniques, et notamment de maladies cardiaques".

Et alors que la France consacre actuellement 4,9% de son budget de santé au traitement des maladies associées à l’obésité, l'OCDE considère que "chaque dollar investi dans la prévention de l’obésité amènerait jusqu’à six dollars de retombées économiques".

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