Les produits ménagers "faits maison" sont-ils vraiment moins nocifs ?

Bien-être
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DU VERT DANS MA MAISON - Pour nettoyer son logement, les recettes de grands-mère ont ces dernier temps la cote. Mais les produits naturels sont-ils vraiment sans danger pour notre santé ? L'Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a mené l'enquête.

Avec les premiers rayons de soleil, la saleté qui se cachait tranquillement dans la pénombre refait sauvagement surface. Vous aurez beau détourner les yeux, les moutons de poussière qui rampent discrètement sous le lit et les mouchetis gris sur les vitres sont visibles comme le nez au milieu de la figure. Autrement dit, il est temps de s’atteler au ménage de printemps. Mais si les produits industriels traînent la réputation de contenir beaucoup de produits toxiques et agressifs, qu'en est-il des mixtures naturelles et "faites maison" ?


L’Agence de l’environnement, en partenariat avec l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSBT) se sont penchés sur la question. Pendant deux ans et demi, ils ont astiqué une maison expérimentale avec 27 produits industriels et 6 produits ménagers artisanaux. Les émissions ont été mesurées avant, pendant et après l’utilisation des produits d’entretien.

Cinq fois mois de COV dans les produits "faits maison"

D'après les résultats, les préparations faites maison s’avèrent, sans surprise, être bien moins polluantes, notamment au niveau des composés organiques volatiles (COV). Dans les essais réalisés par les chercheurs, ce sont les nettoyants pour vitres industriels qui se sont révélés le plus chargés de ces substances. Ils émettraient cinq fois plus de particules fines que les produits "faits maison".


Parmi elles, l’acétaldéhyde, classé cancérigène possible, et le formaldéhyde, un puissant conservateur, cancérogène avéré, précise Le Parisien. Mais tous les COV sont-ils vraiment nocifs pour la santé ? Difficile de l'affirmer. "Sur les 80 substances détectées dans l’air, on ne connaît que les valeurs toxicologiques de 35 d’entre elles, pointe auprès du quotidien Isabelle Augeven-Bour, ingénieure à l’Ademe. Pour les deux tiers, on ne sait pas s’ils sont dangereux ou pas !"

Attention aux huiles essentielles

Chez les produits "faits maison", la principale source de pollution se trouve dans les huiles essentielles que l'on peut ajouter pour les parfumer. Ces substances, extraites d'arbres, de plantes et de fruits, dégagent des terpènes (limonène, eucalyptol...), un hydrocarbure végétal qui peut déclencher des réactions cutanées et respiratoires. Quand certaines recettes trouvées sur internet indiquent parfois 40 gouttes par litre, "une folie" pour l'ingénieure à l'Ademe, cette dernière conseille plutôt "trois à cinq gouttes".

Une odeur agréable ne signifie pas nécessairement qu’un produit est sain et/ou efficaceAdeme

Face à ces résultats, l'Ademe conseille aux personnes les plus sensibles (femmes enceintes, jeunes enfants…) et à celles qui souhaitent minimiser leurs expositions aux substances de synthèse de fabriquer leurs propres produits ménagers à partir d’un nombre limité d’ingrédients, pas ou peu transformés. Elle recommande aussi de limiter la quantité d’huiles essentielles ajoutées. "Cette recommandation pourrait être accompagnée d’un rappel : une odeur agréable ne signifie pas nécessairement qu’un produit est sain et/ou efficace", précise l'Agence dans l'étude.

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