Les trotteurs pour bébés sur la sellette : faut-il interdire les youpalas, cause de trop nombreux accidents ?

Bien-être
ATTENTION DANGER - Aux Etats-Unis, l’Académie américaine de pédiatrie a lancé un nouvel appel à l'interdiction des trotteurs pour enfants suite à de nombreux accidents, parfois mortels. En Europe, des associations s'élèvent elles aussi contre ces harnais sur roulettes censés aider l'enfant à apprendre à marcher.

Mettre un enfant qui ne sait pas encore marcher sur des roulettes peut conduire au pire. Ainsi, selon l’Académie américaine de pédiatrie, plus de 230.000 enfants de moins de quinze mois ont été pris en charge aux Etats-Unis entre 1990 et 2014 suite à des accidents impliquant des trotteurs. Ces nombreuses blessures ont poussé il y a quelques jours l’Académie américaine de pédiatrie à réaffirmer son opposition, déjà signifiée en 1993, à leur utilisation.


"Les trotteurs peuvent donner aux parents une fausse impression de sécurité, explique l’académie. Installés dans ces appareils, les enfants peuvent en effet se déplacer d’un mètre par seconde, ce qui ne laisse que peu de temps aux parents pour réagir quand une situation dangereuse se présente." Près des trois-quarts des enfants blessés aux Etats-Unis l’ont été lors d’une chute dans les escaliers. D’autres ont attrapé des objets coupants, se sont empoisonné en ingérant des produits ménagers ou sont tombés dans une piscine.

En Amérique comme en Europe, on ne court plus après le trotteur

Et si, selon la Commission américaine de la sécurité des consommateurs, le nombre d’accidents a considérablement baissé depuis le milieu des années 90, huit décès d’enfants causés par un trotteur sont tout de même survenus entre 2004 et 2008. Un bilan trop lourd qui pousse à nouveau l’Académie américaine de pédiatrie à appeler à une interdiction de la fabrication et de la vente de trotteurs aux Etats-Unis. Des mesures déjà effectives depuis 2004 au Canada.


En Europe, l'Association européenne pour la sécurité des enfants (European Child Safety Alliance) et l'Anec, une association qui défend les intérêts des consommateurs européens, militent depuis 2010 pour une meilleure information des parents concernant les risques du trotteur et pour l'utilisation d'alternatives moins dangereuses, comme les parcs pour bébés. Ceux-ci permettent aux parents, tout comme avec le trotteur, de laisser leur tout-petit libre de ses mouvements, sans pour autant l'exposer aux dangers domestiques.

D’autant que selon ces structures, les enfants ne retireraient aucun bénéfice de l’usage d’un trotteur. "Si certains parents croient que les trotteurs accélèrent les capacités motrices de l’enfant, des études ont en réalité révélé que leur usage pouvait momentanément retarder son développement mental et moteur", indique par exemple la Commission américaine de la sécurité des consommateurs. L'enfant, installé dans un harnais, ne fait pas travailler son équilibre et, ne voyant pas ses jambes, met plus de temps à intégrer le fonctionnement de son corps.

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