Qu'est-ce que l'anosognosie, dont était atteint Jacques Chirac ?

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La mort de Jacques Chirac

ZOOM - Très affaibli ces dernières années, Jacques Chirac, mort jeudi à l'âge de 86 ans, souffrait notamment de troubles de la mémoire, de l'élocution et d'anosognosie. LCI vous en dit plus sur ce trouble, qui peut mettre en danger la vie des patients.

C'est tout un pan de l'histoire politique française qui s'en est allé. Jacques Chirac, vieux lion au parcours hors norme, conquérant affaibli par le poids de l'âge et de la maladie, est décédé jeudi matin à l'âge de 86 ans. Depuis plusieurs années, celui qui était devenu le président à la retraite préféré des français n'apparaissait plus qu'à de très rares occasions en public. Sa dernière sortie officielle remonte au 21 novembre 2014, à l'occasion de la remise du prix de sa Fondation pour la prévention des conflits.

Réputé pour sa "santé de fer", celle-ci est tout d'abord mise à mal en 2005, lorsque l'hôte de l'Elysée est victime d'un AVC. Il finit malgré tout son mandat de président, mais quitte l'Élysée très affaibli en 2007. En août 2011, un rapport médical remis au parquet de Paris fuite dans la presse, alors qu'il doit être jugé pour l'affaire des emplois fictifs à la mairie de Paris. Il indique que l'ancien Président souffre de troubles de la mémoire et de l'élocution, mais également d'anosognosie. LCI vous en dit plus sur ce trouble qui l'a affecté jusqu'à sa mort.

L'inconscience de sa condition

Issu des termes grecs nosos (maladie) et gnosie (connaissance), l’anosognosie est un trouble neuropsychologique qui conduit un patient à ne pas avoir conscience, ou de façon amoindrie, de sa condition. Décrite initialement par le neurologiste français Babinski en 1914, ce trouble est par exemple fréquent chez les personnes souffrant dela  maladie d’Alzheimer ou d’autres types de démences. En janvier 2011, le Journal du Dimanche avait affirmé que Jacques Chirac souffrait de la maladie d'Alzheimer. Une information rapidement et vigoureusement démentie par son épouse Bernadette.

On ne pouvait plus parler. Il était parti un peu dans un autre monde.- Jean-Louis Debré sur RMC ce vendredi 27 septembre 2019

L'ancien résident de l'Élysée souffrait en tout cas bel et bien d'un déclin cognitif. Sur Europe 1, Bernard Debré, à l'époque député de Paris et médecin, affirmait : "On peut discuter avec lui pendant quelques instants, mais il oublie un peu, il ne reconnaît pas forcément les gens. Il est dans sa bulle". Ce vendredi matin, Jean-Louis Debré, lui, a évoqué au micro de Jean-Jacques Bourdin, sur RMC, les derniers moments de vie, coupés du monde, de son vieil ami. "Sur les derniers temps où, progressivement, la communication devenait progressivement plus difficile, il prenait ma main et il ne la lâchait pas pendant une heure. On ne pouvait plus parler. Il était parti un peu dans un autre monde."

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Un dépistage essentiel

Dans un document d'étude, le service de neuropsychogériatrie de l'hôpital Bretonneau, à Paris, affirme que le dépistage des patients atteints d'anosognosie est essentiel. Du fait de leur conscience amoindrie ou nulle de leurs déficits, ceux-ci n’ont en effet pas de moyen de les compenser ou de les anticiper. Ils peuvent donc se mettre en danger en refusant les aides nécessaires ou en n'adaptant pas leur mode de vie (sortie sans papier d'identité, conduite automobile...). L’anosognosie peut être aussi une source de retard au diagnostic.

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