Microplastiques dans l'eau potable : les risques pour la santé restent faibles, selon l'OMS

Bien-être

CONSOMMATION - En raison de l'omniprésence du plastique dans notre environnement, une multitude de micro-particules de cette matière se retrouve dans l'eau du robinet et en bouteille. Selon l'OMS, leur ingestion ne présenterait qu'un risque faible pour la santé. La Banque mondiale alerte pourtant de son côté sur les risques liés aux différentes sortes de pollution de l'eau.

Il s'agit d'une pollution invisible mais pourtant bien présente dans l'eau que nous buvons. L'eau, du robinet comme en bouteille, contient en leur sein des milliers de micro-particules de plastique. En mars dernier, des chercheurs américains avaient ainsi retrouvé de minuscules particules de polypropylène, de nylon et de polytéréphtalate d'éthylène (PET) dans 93% des plus de 250 bouteilles d'eau analysées. Si jusqu'alors, les risques que pouvait représenter leur ingestion étaient incertains, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié ce jeudi 22 août un rapport dans lequel elle estime que les niveaux actuels de microplastiques présents dans l’eau potable ne provoquent pas encore de danger pour la santé.

"Le message clé vise à rassurer les consommateurs d'eau potable du monde entier : d'après cette évaluation, nous estimons que le risque est faible", a déclaré lors d'une conférence de presse le coordonnateur de l'Unité Eau, assainissement, hygiène et santé de l'OMS, Bruce Gordon.

L'absorption de microplastiques globalement limitée

Ce rapport s'est porté sur l'analyse du risque d'ingestion de particules de taille supérieure à 150 microns, les risques chimiques et les risques liées à la présence de bactéries agglomérées (biofilm) transportées par ces particules. En s'appuyant sur les connaissances actuelles sur le sujet, qu'elle qualifie de "limitées", l'agence spécialisée de l'ONU indique que les microplastiques d'une taille supérieure à 150 microns (soit un peu plus que le diamètre d'un cheveu épais) "ne sont en principe pas absorbés par l'organisme humain et l'absorption des particules plus petites doit être limitée". En revanche, l'absorption de très petites particules microplastiques, notamment de nanoparticules, "doit être plus élevée, même si les données à ce sujet sont très limitées".

Des connaissances à approfondir

Néanmoins, précise l'OMS, peu d'études fiables ont été publiées à ce jour sur la présence de microplastiques dans l'eau potable et leurs résultats sont difficilement comparables. L'analyse de ces derniers en a donc été compliquée.

En conséquence, l'organisation appelle les scientifiques à mener de nouvelles recherches sur le sujet et à mettre au point  des méthodes standardisées afin de mesurer les particules de microplastique dans l’eau. "Il est urgent d’en savoir plus sur les conséquences des microplastiques sur la santé", a affirmé Maria Neira, Directrice du Département Santé Publique, environnement et déterminants sociaux de la santé à l’OMS.

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Les auteurs du rapport s'inquiètent de la progression des émissions de plastique dans l'environnement. Si elles se poursuivent au rythme actuel, les microplastiques pourraient selon eux présenter des risques généralisés pour les écosystèmes aquatiques d'ici un siècle, ce qui ne devrait pas être sans conséquence sur la santé humaine. Ils appellent à prendre "des mesures énergiques contre la pollution plastique".

Un autre rapport moins rassurant sur la pollution de l'eau

Bien que le danger pour la santé humaine soit, en l'état des connaissances actuelles et sur la base des niveaux actuels de pollution, jugé faible, un rapport publié mardi par la Banque mondiale se montre plus alarmiste. Selon elle, "la conjonction de bactéries, d’eaux usées et de produits chimiques et plastiques" pompent l'oxygène dans l'eau et la transforme "en poison pour les êtres humains et les écosystèmes". 

Elle cite en exemple l'azote qui, répandue sous forme d'engrais, se transforme en nitrates une fois arrivé dans les lacs, les rivières et les océans. "Les enfants exposés aux nitrates dès leur plus jeune âge souffrent de problèmes de croissance et de développement cérébral qui ont des répercussions sur leur santé", assure la Banque mondiale, pour qui cette pollution a un impact majeur sur le développement économique de tous les pays, riches ou pauvres. 

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