Mononucléose : la "maladie du baiser" ne prend pas de vacances

Bien-être
VIRUS - Propices aux amourettes, les vacances peuvent aussi être une haute période de contagion. La mononucléose, ou "maladie du baiser", est ainsi susceptible de toucher quelques adolescents cet été. LCi vous en dit plus sur cette maladie, le plus souvent bénigne, mais très pénible.

Ah, les amours de vacances... Selon une enquête réalisée en juillet 2018 par le site Kayak et Opinium, 70% des Français ont déjà conté fleurette pendant leurs congés. L'occasion de partager de beaux moments, mais aussi parfois quelques bactéries et virus... comme celui de la mononucléose.


Aussi appelée "maladie du baiser", elle vous cloue au lit en un tour de langue. Cette infection, causée par le virus d'Epstein-Barr, de la famille de l'herpès, s'attrape en effet dès le premier contact avec la salive d'une personne infectée. 

La mononucléose, une affaire d'adolescents

La mononucléose se transmet généralement dès le plus jeune âge et passe inaperçue. Comme la varicelle, plus elle s'attrape tôt, plus elle est inoffensive. L'organisme est ensuite immunisé. Une grande majorité de la population a ainsi déjà été contaminée sans le savoir. Mais, avec l'amélioration des conditions d'hygiène, la maladie s'attrape aujourd'hui plus tard, à l'époque des premiers baisers. Les adolescents sont ainsi particulièrement concernés par cette maladie. Dans de rares cas, elle peut aussi toucher les adultes. En juillet 2014, quelques mois après son triomphe aux JO de Sotchi, Martin Fourcade, 25 ans, avait ainsi souffert de mononucléose.


Après une période d'incubation de quatre à sept semaines sans aucun signe, une fièvre modérée et des difficultés à l'effort s'installent progressivement. Mais cela n'est rien par rapport aux "vrais" symptômes de la mononucléose infectieuse, qui surviennent une à deux semaines plus tard. Pendant un peu plus d'une semaine, une fièvre supérieure à 39°C sévit. Elle s'accompagne d'une grosse angine, de douleurs musculaires, de maux de tête, mais aussi d'une perte d'appétit et surtout d'une fatigue importante qui peut durer de quelques semaines à quelques mois. Dans de rares cas, la mononucléose peut donner lieu à de graves complications, comme une rupture de la rate ou une hépatite.

Bien que l'envie de faire des rencontres et d'échanger des baisers ne soit peut-être pas à son apogée pendant cette période, il est bon de savoir que le risque de contagion est maximal durant la phase aiguë de la maladie, lorsque la personne a de la fièvre. À sa disparition, le virus peut subsister dans la salive sur une période allant jusqu’à six mois. 

Pas de traitement pour guérir

Pour diagnostiquer cette "maladie du baiser", une prise de sang suffit. Étant donné qu'il s'agit d'une infection virale, aucun traitement, si ce n'est le repos, ne peut l'enrayer. Certains symptômes comme la fièvre, le mal de gorge et les douleurs musculaires peuvent cependant être soulagées grâce à des médicaments analgésiques (contre la douleur), anti-inflammatoires (contre l’inflammation) et antipyrétiques (contre la fièvre). Les antibiotiques sont d'ailleurs à éviter absolument car ils risquent d'aggraver les symptômes et de provoquer l'apparition de plaques rouges sur le tronc, les cuisses et les bras.

Le baiser, avant tout bon pour la santé

Ne vous privez malgré tout pas d'embrasser qui vous voudrez cet été, car au-delà du risque d'attraper quelques mauvais germes, ce geste affectif est avant tout bon pour la santé. La science a montré qu’au moment où les lèvres se touchent, la fabrication d’ocytocine, qui fait baisser la tension artérielle et ralentit par la même occasion le rythme cardiaque, augmente, tandis que le taux de cortisol, l’hormone du stress, chute. Une autre hormone, celle du bien-être, l'endorphine, est également sécrétée. Quant au 80 millions de bactéries échangées, elles ne présentent pour la plupart aucun danger pour notre organisme, bien au contraire. Cela permet de renforcer nos défenses immunitaires.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter