Myopie et risques de cécité : l’étude qui pousse à prendre rendez-vous chez l’ophtalmo

Bien-être

VISION - À l'horizon 2050, la moitié de la population mondiale pourrait être myope. Un chiffre d'autant plus effrayant que selon une étude française révélée ce lundi par Le Parisien, 25% des personnes atteintes d'une très forte myopie deviennent malvoyantes ou aveugles après 60 ans.

Elle touche chaque année dans le monde de plus en plus de personnes, tant et si bien qu'elle est désormais surnommée "le mal du siècle". Avec l'omniprésence croissante des écrans, la myopie progresse depuis plusieurs décennies. Ainsi, une enquête réalisée en 2017 par OpinionWay pour l'association nationale pour l'amélioration de la vue (Asnav) révélait que quatre jeunes sur dix (41%) indiquaient avoir du mal à voir de loin, contre trois sur dix l'année précédente (29%).

Le caractère courant de ce défaut de vision n'en fait pas pour autant quelque chose d'anodin. Une étude relayée par Le Parisien ce lundi révèle que de nombreuses personnes en étant atteintes présentent des risques de complications, voire de cécité.

25% des personnes atteintes d'une très forte myopie deviennent malvoyantes ou aveugles après 60 ans

L'étude a été réalisée sur 200.000 myopes suivis dans les centres du groupe Point Vision, en collaboration avec les professeurs Nicolas Leveziel, Pierre Ingrand, Simon Marillet et le service de santé publique du CHU de Poitiers. En analysant leurs données, les auteurs de l'étude ont observé que 25% des personnes atteintes d'une très forte myopie deviennent malvoyantes ou aveugles après 60 ans.

Des risques sont aussi présents chez les personnes "modérément myopes". En effet, indique Le Parisien,  les probabilités d'être victime de complications augmentent de 40% lorsque le degré de myopie monte d'une dioptrie, l'unité de mesure permettant d'évaluer l'importance d'un défaut optique.

Un suivi régulier et des mesures pour limiter la myopie

"Ces résultats doivent inciter les myopes, et surtout ceux atteints de myopie moyenne à forte, à consulter régulièrement un ophtalmologiste", insiste le groupe Point vision auprès du quotidien. Un suivi régulier est également nécessaire, selon le professeur Nicolas Leveziel, chef de service ophtalmologie du CHU de Poitiers, "pour ceux qui sont passés par une opération de chirurgie réfractive de l'œil comme le laser".

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Si la myopie est avant tout causée par un facteur génétique (le risque d'être myope lorsqu'un parent l'est étant multiplié par deux et par huit lorsque les deux parents le sont), elle est aussi largement influencée par les facteurs environnementaux. Ainsi, indique dans un article du CHU de Montpellier le docteur Vincent Daien, spécialisé en ophtalmologie pédiatrique médicale, la lumière naturelle est un élément déterminant dans le développement de ce défaut de vision. Elle favorise en effet la sécrétion de dopamine, qui va limiter l’allongement de l’œil, ce qui peut provoquer la myopie. "Dans une cohorte de 863 enfants australiens, les myopes passaient 16,3 heures par semaine à l’extérieur, contre 21 heures pour les autres", donne-t-il pour exemple. La répétition d'efforts accommodatifs (comme le fait de passer de l'écran de smartphone à celui de l'ordinateur) peut aussi favoriser la myopie, l’œil n'étant que rarement mis au repos en vision de loin, ajoute-t-il.

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