Ni vrais, ni faux : découverte du deuxième cas au monde de jumeaux semi-identiques

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NAISSANCE EXTRAORDINAIRE - Des jumeaux, nés en 2014 en Australie, ont été formellement identifiés comme semi-identiques. Il n'existerait à ce jour que deux cas dans le monde.

Ils ne sont ni de vrais, ni de faux jumeaux. Des jumeaux semi-identiques ont été identifiés par des médecins en Australie et décrits fin février dans The New England Journal of Medicine. Si les faux jumeaux représentent environ deux tiers des grossesses, ces jumeaux "du troisième type" sont extrêmement rares. Il n'existerait à ce jour que deux cas dans le monde, en comptant celui-ci, un autre ayant été rapporté en 2007 par des médecins américains.


Les faux jumeaux, ou jumeaux dizygotes, grandissent dans deux ovules fécondés par deux spermatozoïdes différents. Ils partagent 50% de leur ADN. Les  vrais jumeaux, ou jumeaux monozygotes, proviennent de la division d’un ovule fécondé par un seul spermatozoïde. Ils partagent la totalité de leur ADN. Les jumeaux semi-identiques, eux, partagent de 50 à 100 % de leurs génomes, de façon totalement aléatoire. Voici comment.

Deux spermatozoïdes pour un ovule

Dans le cas des jumeaux semi-identiques, un seul ovule est fécondé par deux spermatozoïdes. En temps normal, cela est impossible puisque l’ovule, qui renferme 23 chromosomes, ne peut être fécondé que par un spermatozoïde comportant également 23 chromosomes. Cela donne les quarante-six chromosomes propres à la génétique humaine. Or, ici, trois jeux de 23 chromosomes sont entrés en action pour former ces jumeaux. "Certaines cellules contiennent les chromosomes du premier spermatozoïde, tandis que d’autres contiennent les chromosomes du second spermatozoïde, de sorte que les jumeaux ne partagent qu’une proportion de leur gènes, et non 100 % du même ADN paternel", indique à CNN le généticien Michael Gabbet. Ici, les jumeaux australiens partagent 89 % de leur ADN.

Les médecins les ont été découverts en 2014, après qu’une femme enceinte âgée de 28 ans, leur mère, a présenté lors de sa première échographie deux fœtus partageant le même placenta. Ils apparaissaient donc comme de vrais jumeaux. Mais à la quatorzième semaine, les médecins se sont aperçus que les jumeaux n’avaient pas le même sexe. Une spécificité formellement impossible chez les jumeaux monozygotes. Après avoir étudié 968 jumeaux dizygotes pour s'assurer que ces deux ci n'en étaient pas non plus, ils ont finalement pu affirmer qu'il n'y avait aucune erreur possible. Ces jumeaux sont bien les seconds cas semi-identiques connus au monde. 

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