Troubles du sommeil, risques de dépression... Comment la pollution lumineuse impacte-t-elle notre santé ?

Bien-être
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RÉPERCUSSIONS - Pour réduire la pollution lumineuse, de nouvelles règles entreront en vigueur en 2021. Car si celle-ci représente un danger pour la biodiversité, elle a aussi des effets néfastes sur notre santé.

Depuis 2010, la loi Grenelle 2 prévoit des mesures pour lutter contre la pollution lumineuse. Depuis pourtant, tous les arrêtés nécessaires pour la mettre en œuvre n’avaient pas été pris par le gouvernement. C’est désormais chose faite. Le 28 décembre, date limite pour se mettre en conformité selon les souhaits du Conseil d’Etat, une série de règles sur l'éclairage public, la mise en lumière du patrimoine, des équipements sportifs, ou encore des sites d'observation astronomique, ont été publiées au Journal officiel. Elles seront appliquées à partir du 1er janvier 2021.


Une mise en conformité salutaire, non seulement pour la biodiversité, perturbée par ces multiples sources de lumière, mais également pour notre santé. Car, alors que 63 % de la population mondiale et 99 % de la population européenne y est exposée, les risques ne seraient pas négligeables.

Troubles du sommeil, risques de dépression et de surpoids

Les effets d'une trop grande luminosité nocturne se ressentent tout d'abord sur notre rythme circadien, ou horloge biologique. Au-delà de la gêne que les lumières artificielles peuvent causer sur notre qualité de sommeil, ces dernières agissent sur la production d'une hormone, la mélatonine. Or celle-ci, sécrétée dans l'obscurité, en début de nuit, favorise entre autres le déclenchement du sommeil.


Ce dérèglement de l'horloge biologique et du système hormonal peut causer un état de dépression, ainsi qu'une augmentation de l'appétit qui peut conduire à une prise de poids.

Un risque accru de diabète de type 2

Une étude, menée conjointement par des chercheurs de l’Imperial College de Londres, l’Université de Lille 2 et l’Institut Pasteur de Lille, a d'autre part montré le lien entre de faibles taux de mélatonine et un risque accru de diabète de type 2 jusqu’à sept fois supérieur aux personnes présentant un taux de mélatonine normal.

Un terrain favorable au cancer du sein

Partant du fait que le travail de nuit avait déjà été reconnu en 2007 comme "cancérogène probable" par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), des scientifiques ont cherché à connaître, en 2011, les effets de la lumière artificielle intérieure comme extérieure en période nocturne sur la santé. Leur étude, réalisée chez 1679 femmes, a révélé que l’exposition  à ces sources de lumière dans l’espace réservé au repos est significativement associée à une augmentation du risque de cancer du sein. "Il est possible qu’une suppression des niveaux de mélatonine durant la nuit puisse conduire à la croissance tumorale des cancers hormonaux dépendants", expliquait alors dans un document publié par l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) Philippe Atlan de l'Institut de Cancérologie Gustave Roussy.

De possibles effets sur la vision concernant l'éclairage LED

Plébiscitées pour leur durée de vie et leur faible consommation, les ampoules LED fleurissent un peu partout dans nos villes. Dans les lampadaires, elles ont remplacé les ampoules à incandescence, les néons sur les enseignes commerciales. Or à leur actuelle, peu d'études ont encore été menées concernant leurs effets sur notre vision. En 2017, des travaux menés par une équipe de l'Inserm avaient cependant fait parler d'eux.


L'étude, menée sur des rats, démontrait qu'une intensité lumineuse similaire à celle habituellement utilisée dans les habitations (500 lux) provoquait, si l'éclairage était réalisé avec des LED, des signes d'altération de la rétine des animaux, ce qui n'était pas le cas avec d'autres types d'ampoules. Leurs pupilles avaient auparavant été dilatées. "Le recours à des rats dont la pupille a été dilatée permet d'amplifier les conséquences potentielles de la lumière, puisque la contraction de la pupille est un mécanisme physiologique de protection de l'œil contre l'agression lumineuse", explique sur le site de l'institut Alicia Torriglia, qui a encadré ces travaux  avec le Professeur Behar-Cohen. Chez les rats pour qui cette pré-disposition n'avait pas été prise, il a tout de même été observé des signes de stress oxydant au niveau de leurs rétines.


"S'il est probable que les observations faites chez le rat ne sont pas transposables telles qu'elles chez l'homme", concède l'Inserm, "les données de cette étude interrogent". Elle montre dans tous les cas une nuisance supérieure de l'éclairage LED comparé à d'autres technologies d'éclairage.

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