Parmi les millions de Français qui pensent avoir une allergie alimentaire, combien se trompent ?

Bien-être

ALIMENTATION - Alors que des millions de Français déclarent avoir une allergie alimentaire, les chiffres pourraient, selon une étude américaine, être bien moindre en réalité. Une méconnaissance de ce type d'allergie qui peut avoir de lourdes conséquences sur le quotidien.

"Non, je ne peux pas, je suis allergique." Dans une enquête menée par OpinionWay en 2015, 6% des personnes interrogées  déclaraient avoir eu une allergie alimentaire au moins une fois au cours des douze mois précédents. Une proportion, si on la rapporte à l'ensemble de la population française, qui représente environ 4 millions de personnes. Mais selon une étude parue le 4 janvier dans la revue Jama Network Open, beaucoup d'entre eux pourraient bien croire à tort être touchés par ce type d'allergie. Car après avoir étudié une population de plus de 40.000 adultes américains, ils se sont rendu compte que près de la moitié de ceux qui pensaient être allergiques à un aliment ne l’était finalement pas.

Parmi les 19 % des personnes se déclarant allergiques lors de l'étude, les allergies revenant le plus couramment ont été les fruits de mer (2,9 %), le lait (1,9 %), les cacahuètes (1,8 %), les arachides (1,2 %) et le poisson (0,9 %). Plus de la moitié a assuré avoir réagi de façon sévère après avoir ingurgité un aliment. Or, d'après les recherches des scientifiques, seuls 10 des 19 % sont réellement allergiques.

L'importance du dépistage

Une méprise qui peut avoir de lourdes conséquences sur la vie d'une personne, celle-ci se voyant dans certains cas prescrire des traitements inutiles et étant contrainte, à tort, de changer son alimentation. "Ces résultats suggèrent qu'il est crucial que les adultes ayant une allergie alimentaire présumée subissent les tests de confirmation et bénéficient de conseils appropriés pour s'assurer que les aliments ne sont pas évités inutilement et que la qualité de la vie ne soit pas indûment altérée", concluent ainsi les chercheurs.

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En France, la consultation d'un allergologue est prise en charge à 70 % du tarif de base par la Sécurité sociale si le patient est muni d’un courrier de son médecin traitant et à 100 % si le patient est bénéficiaire de la CMU. En cas de suspicion d'allergie, des tests cutanés ou sanguins sont réalisés pour la confirmer, ou non. Un traitement de désensibilisation peut, dans certains cas, être proposé.

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