Plastique : "Chaque semaine, nous ingérons l'équivalent d'une carte bancaire !"

Plastique : "Chaque semaine, nous ingérons l'équivalent d'une carte bancaire !"
Bien-être

SANTÉ PUBLIQUE - Dans un rapport parlementaire présenté cette semaine, des députés mettent en garde contre les perturbateurs endocriniens présents dans des contenants en plastique. Ils proposent notamment la mise en place d'un "pictogramme, à l'image du nutriscore", sur chaque emballage.

Faudra-t-il bientôt regarder attentivement le contenu de chaque emballage plastique avant d'acheter un produit ? C'est l'une des idées proposées par des députés, qui ont présenté mercredi un rapport sur les perturbateurs endocriniens. Ils mettent en garde contre l'usage intensif du plastique, qui pourrait provoquer de nombreuses maladies, comme des cancers. Ces perturbateurs s'avèrent en effet dangereux, notamment pour la santé des personnes les plus fragiles, comme les femmes enceintes, les femmes qui allaitent ou les enfants en bas âge.

Quels sont les plastiques en cause ? Quelles sont les conséquences des perturbateurs endocriniens ? Quelles solutions pour lutter contre ces dangers ? Laurianne Rossi, députée des Hauts-de-Seine (LREM), qui a participé à l'élaboration de ce rapport, répond aux questions de LCI.

LCI : Que met en avant le rapport que vous venez de présenter à l'Assemblée nationale ?

Laurianne Rossi : Il met en avant un enjeu de santé publique. Nous avons mené plus de 70 auditions avec des médecins, des chercheurs, des institutionnels et des industriels. Il est clairement démontré que les additifs présents dans les contenants en plastique, qu'ils soient alimentaires, pharmaceutiques ou cosmétiques, migrent vers le contenu. C'était contesté, mais c'est désormais prouvé. Ces additifs ont un lien réel avec des pathologies graves : troubles du comportement, perte de la fertilité, puberté précoce, cancers… Des chercheurs démontrent aussi une causalité avec la croissance des cas d'autisme.

Chaque semaine, nous ingérons l'équivalent d'une carte bancaire de plastique- Laurianne Rossi, députée

Où trouve-t-on précisément ces perturbateurs endocriniens ?

Dans des contenants que nous utilisons tous les jours, qui sont directement au contact du corps humain. Il y en a dans l'alimentaire, dans les barquettes en plastique, aussi bien dans la restauration collective que dans les plats achetés déjà préparés. Dans les cosmétiques, nous en trouvons dans les pots de crème, notamment celles que s'appliquent les femmes enceintes pour les vergetures. Pour les médicaments, cela va du flacon de sirop jusqu'à l'emballage des comprimés : quand vous avalez une gélule, elle est enrobée de plastique. Il y en a également dans l'eau, puisque ces plastiques se répandent dans les écosystèmes. Chaque semaine, nous ingérons l'équivalent d'une carte bancaire, 5 grammes de plastique, dans notre organisme !

Depuis quand sommes-nous au contact de ces perturbateurs endocriniens ?

Le plastique a véritablement envahi notre quotidien depuis 20 ans. Auparavant, il y en avait évidemment, mais pas dans de telles proportions. Nous avons encore assez peu de recul sur l'impact du plastique sur l'être humain et sur l'environnement. La France est un fer de lance sur le sujet, nous nous sommes vraiment saisis du problème, nous avons des chercheurs remarquables à l'échelle européenne. Depuis 10 ans, les études démontrent bien qu'il y a un sujet de santé publique. Nous alertons, car plus le temps passe, plus nous nous apercevrons que cet enjeu de santé publique est important.

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Ce rapport a été salué par l'ensemble des députés, c'est assez rare- Laurianne Rossi, députée

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Dans votre rapport, vous formulez une cinquantaine de recommandations. Lesquelles sont les plus marquantes ?

Nous préconisons d'interdire les valisettes remises aux mères à la maternité, qui sont remplies d'échantillons plastiques. Nous proposons également de mettre en place, sur chaque produit en plastique, un pictogramme pour informer le consommateur sur les perturbateurs endocriniens, à l'image du nutriscore. Cela fera l'objet d'un amendement à la loi "anti-gaspillage pour une économie circulaire". Nous préconisons aussi de supprimer tous les contenants alimentaires en plastique dans les établissements qui reçoivent des jeunes enfants, notamment dans les maternités.

Pensez-vous que vos recommandations seront entendues ?

Il faut d'abord souligner que ce rapport a été très bien accueilli par l'ensemble des députés. Quelque soit l'appartenance politique, tout le monde a salué ce rapport, c'est assez rare. En tant que législateurs, c'est à nous de donner du sens à ces recommandations, en intégrant certaines d'entre elles dans la loi. Il faut aussi continuer de sensibiliser les ministères concernés et les collectivités territoriales. Chaque citoyen informé de ce sujet peut aussi adopter les bons gestes dans son quotidien, comme abandonner les boîtes en plastiques à la maison et basculer sur des récipients en verre. Des gestes simples mais qui permettent de se prémunir des risques.

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