Pic de crises cardiaques pendant les fêtes : quels sont les gestes qui sauvent ?

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RÉAGIR - Selon une étude suédoise, le nombre de crises cardiaques connaît un pic lors des fêtes de fin d'années. Alors que le taux de survie est de 5 % lorsqu'aucun geste n'est pratiqué, LCI vous indique, si vous êtes confronté à un arrêt cardiaque, comment y faire face.

Chaque année, les fêtes de fin d’années sont marquées par un pic du nombre de crises cardiaques. Selon une récente étude suédoise relayée par Slate et publiée dans le British Medical Journal, le risque de faire un infarctus du myocarde est 37% plus élevé que d’habitude le 24 décembre vers 22 heures. C’est 20% pendant le réveillon du Nouvel An. Entre ces deux dates, la hausse du risque est de 15 %. Ces calculs ont été effectués à partir des données de 283.000 crises cardiaques ayant eu lieu en Suède entre 1998 et 2013. 


Si cette étude n’a pas déterminé les causes de cette hausse du risque de crise cardiaques, d’autres, plus anciennes et ayant aussi démontré un pic de mortalité à cette période, la liait entre autre au stress des préparatifs ainsi qu’aux repas trop riches. L’encombrement des services médicaux ainsi que le report de consultations à cause des fêtes peuvent aussi expliquer le nombre accrus de morts. Alors que seuls 40 % des témoins opèrent les gestes de premiers secours, pourtant indispensables pour éviter de lourdes séquelles, voire la mort, LCI vous indique comment repérer les premiers symptômes et comment réagir face à une crise cardiaque.

Les symptômes qui alertent

Dans le cas d'un infarctus du myocarde, qui représente 90 % des arrêts cardiaques, la personne peut se plaindre dans les heures ou les jours qui précèdent d'une douleur thoracique prolongée qui peut irradier vers la gorge, les mâchoires, l'épaule, les bras, parfois les poignets. "Une fatigue intense, des sueurs, une pâleur, un essoufflement, des palpitations, un malaise, une sensation de mort imminente, ou encore des signes digestifs : nausées et vomissements", peuvent aussi survenir, prévient sur son site la Fédération Française de Cardiologie (FFC)


Chez la femme, les signes avant-coureurs de l’infarctus sont parfois différents. Des nausées, ou encore une douleur à l’estomac peuvent être constatés.


L'arrêt cardiaque peut aussi être précédé de palpitation ou d'un malaise général, tout comme il peut arriver brutalement.

Les premiers gestes à opérer

Face à l'arrêt cardiaque, il est urgent d'agir.  L'appel du Samu (15) avant toute intervention est indispensable. Plus les secours seront prévenus tôt, plus la personne aura de chances de s'en sortir. Sans prise en charge immédiate, près de 95 % des arrêts sont fatals. Décrivez tout d'abord ce que vous avez vu et l’état de la victime, puis donnez l'adresse exacte et enfin, expliquez tout ce qui a déjà été fait ou ce qui est fait (changement de position de la victime, massage cardiaque, etc.). Ne raccrochez pas avant que votre interlocuteur ne vous le précise.


En attendant leur arrivée, vérifiez que la personne est bien inanimée et ne respire plus ou que ses mouvements respiratoires sont inefficaces, lents et bruyants. Si tel est le cas, procédez à un massage cardiaque. "Lors d’une fibrillation ventriculaire [ce dont il s'agit la plupart du temps, ndlr.], le cerveau souffre très rapidement : il n’est pas alimenté en oxygène car le sang ne circule plus. Au-delà de 5 minutes d’arrêt du cœur, si on ne fait rien, les lésions cérébrales sont irréversibles, puis c’est la mort assurée. Le massage cardiaque permet de relancer la circulation sanguine et donc l’oxygénation des cellules", indique la Fédération Française de Cardiologie.


- Allongez tout d'abord la victime sur un surface dure et mettez-vous à genoux contre elle, sur le côté.

- Positionnez vos mains l'une sur l'autre et placez les au milieu du thorax de la victime, entre les deux seins. Gardez les bras tendus et appuyez de tout votre poids. "Ce ne sont pas les bras ni les mains qui appuient mais tout le corps." N'hésitez pas à appuyez fort, mieux vaut des côtes cassées qu'une vie perdue. À chaque pression, la Fédération conseille d'enfoncer les mains de 5 à 6 centimètres dans la poitrine.

- Les pressions doivent se faire à un rythme régulier, environ deux par secondes. Pour vous y aider, un hôpital new-yorkais a élaboré une playlist Spotify dont les musiques reprennent le tempo d'un massage cardiaque. Intitulée "Songs to do CPR to", (vous pouvez y accéder ICI), elle contient 47 titres allant de "I will survive",de Gloria Gaynor à "Sorry", de Justin Bieber ou encore"Rock your body", de Justin Timberlake. 

- "En alternance, on peut effectuer deux insufflations, ou bouche-à-bouche, toutes les 30 pressions", ajoute la FFC. Celles-ci ne sont cependant pas indispensables.

- Veillez à ne jamais arrêter le massage cardiaque jusqu'à l'arrivée des secours ou ce que la personne soit réanimée. Si vous êtes plusieurs, vous pouvez vous relayer.

En vidéo

Crise cardiaque : une playlist Spotify pour sauver des vies

Si d'autres personnes sont présentes, demandez leur dans le même temps de se renseigner sur la possible présence d'un défibrillateur a proximité. Ils sont généralement disponibles dans les pharmacies, mairies, centres commerciaux... Cet appareil vous guidera vocalement, étape par étape.

En France, 40.000 personnes meurent chaque année prématurément d’arrêt cardiaque. Quatre victimes qui survivent sur cinq ont bénéficié de ces gestes, pratiqués par le premier témoin. Pour rappel, vous pouvez vous initier aux gestes de premiers secours tout au long de l’année avec les formateurs de la Croix Rouge. La formation PCS1 (10 heures), cette fois dispensée par les pompiers, permet d’apprendre à bien les réaliser pour être prêt à réagir en toutes circonstances.

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