Qu'est-ce que le SOPK, à l'origine de l'acné dont souffre EnjoyPhoenix ?

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ZOOM - EnjoyPhoenix ne veut plus avoir de secret pour ses fans. Dimanche, la youtubeuse aux plus de 3,5 millions d'abonnés a publié sur Instagram une photo de son visage sans maquillage, parsemé de boutons d'acné. Une affection cutanée qui la complexe et qui est due au syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). LCI vous en dit plus sur ce trouble hormonal qui touche près d'une femme sur dix.

Marie Lopez a décidé de lever le voile. De se montrer sous son vrai visage. Plus connue sous le nom d’EnjoyPhoenix, cette youtubeuse suivie par plus de 3,5 millions d’abonnés, souffre d’acné hormonale. Elle a posté dimanche 12 mai une photo d’elle sur Instagram, sans maquillage, les joues parsemées de dizaines de boutons rouges. "Ça fait maintenant plus de 5 ans que je souffre d’acné hormonale", explique la jeune femme en légende. Une affection cutanée due, dit-elle, à son SOPK.


SOPK, pour syndrome des ovaires polykystiques ou de Stein-Leventhal. Le 3 avril, la jeune femme avait annoncé à sa communauté en être atteinte dans une longue vidéo. Ce trouble hormonal touche entre 5% et 10% des femmes et a de nombreuses répercutions sur leur santé. LCI vous en dit plus.

Un syndrome aux multiples symptômes

Le syndrome des ovaires polykystiques est caractérisé par une augmentation inhabituelle de la production d'hormones mâles (hormones androgènes) dans les ovaires. Cette hyperandrogénie perturbe la production d’ovules qui, au lieu d'être libérés au moment de l'ovulation, s'accumulent sous forme de follicules dans les ovaires. Un phénomène qui entraîne de nombreux dérèglements.


Une ovulation et des règles rares, voire absentes (aménorrhée) pouvant conduire à une infertilité font partie des principaux symptômes. Les femmes atteintes du SOPK peuvent aussi présenter une pilosité excessive, et comme, EnjoyPhoenix, de l'acné. Le réseau canadien pour la santé des femmes ajoute aussi l'anxiété et la dépression, un brunissement et un épaississement de la peau dans la région du cou, de l’aine, des aisselles et des replis cutanés ou encore la prise de poids et l'obésité à la liste des symptômes. "J'ai remarqué que je commence à prendre plus facilement de la graisse en haut qu'en bas alors qu'avant c'était le contraire et ça m'inquiète un peu", témoigne ainsi l'une des membres du groupe Facebook Green SOPK, qui compte 1.400 abonnés.

On dit qu'il y a un SOPK par femmeCassandre, diagnostiquée du SOPK il y a 10 ans

Mais, nous affirme Cassandre, diagnostiquée du syndrome il y a dix ans, tous ces symptômes ne sont pas forcément présents en même temps. "On dit qu'il y a un SOPK par femme", rapporte la jeune femme de 24 ans. De son côté, c'est l'irrégularité de son cycle menstruel qui a donné l'alerte. "J'ai été réglée quand j'avais 12 ans. J'ai eu mes règles une fois et ensuite, plus rien pendant 6 mois." Face à cette situation, elle consulte de nombreux médecins, jusqu'à ce qu'une échographie révèle des kystes sur ses ovaires. "C'était le premier signe", se souvient-elle.


Le diagnostic tombe finalement lorsqu'elle a 14 ans : elle est atteinte du syndrome des ovaires polykystiques. Elle est alors mise sous pilule contraceptive pour provoquer la venue de ses règles de façon artificielle. "Cela permet aux kystes d'être réduits, ou du moins contenus. Et pour celles qui ont de l'acné, cela permet aussi de l'atténuer, tout comme c'est aussi plus ou moins une solution pour la prise de poids", indique Cassandre. Il y a quelques mois, et tout en étant suivie par un endocrinologue, elle a cependant arrêté sa pilule, lassée de prendre des hormones tous les jours. "Je ne savais même pas comment fonctionnait mon corps sans ces hormones." Elle a désormais ses règles tous les trois mois environ mais n'est pas sûre d'ovuler. Un fait qui ne la tracasse pas outre mesure pour le moment, n'ayant pas encore de projet de grossesse.

Le SOPK, un trouble encore mal connu

Comme pour Cassandre, les premiers signes se manifestent souvent à la puberté. Mais les règles irrégulières, l'acné et l'apparition de la pilosité peuvent, dans certains cas, être mis sur le compte de l'adolescence, retardant alors le diagnostic qui passe par une échographie pelvienne et un bilan hormonal. Si l'hyperandrogénie est modérée en revanche, le syndrome peut passer inaperçu jusqu'au désir de grossesse, lorsque la femme en vient à consulter parce qu'elle n'arrive pas à tomber enceinte. 


À l'heure actuelle, il n'est pas possible de guérir du SOPK car ses causes ne sont pas réellement connues. Celui-ci pourrait être héréditaire ou encore être causé par un taux élevé d'insuline dans l'organisme. En cas de surproduction de cette hormone qui permet de maintenir constante la concentration du sang en glucose, l'organisme libère en effet des hormones mâles supplémentaires. EnjoyPhoenix, elle, avance une autre hypothèse : "On m’a un peu expliqué que mon dérèglement hormonal serait dû au fait que j’ai eu et j’ai toujours des troubles du comportement alimentaire."

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