Quels cancers sont les plus fréquents dans votre région ? Les autorités sanitaires publient une cartographie inédite

Bien-être
DirectLCI
INÉGALITÉS - Alcool, tabac, pollution... Ces éléments sont autant de facteurs qui font que, dans telle ou telle région, le nombre de cancers est plus ou moins important. Pour évaluer ces disparités, l'agence sanitaire Santé publique France a dressé une "cartographie des cancers" inédite, sous la forme de 16 rapports régionaux.

Face au cancer, nous ne sommes pas tous égaux. Depuis 30 ans, le nombre de nouveaux cas ne cesse d'augmenter, à tel point que depuis 2004, il s'agit de la première cause de mortalité prématurée en France, devant les maladies cardiovasculaires. La faute, entre autre, au vieillissement de la population, mais aussi au tabagisme, à l'alcool, à la pollution... Des facteurs qui ne sont pas uniformément répartis sur le territoire.


Ces disparités ont motivé Santé publique France, en partenariat avec Réseau français des registres des cancers (Frangim), l'Institut national du cancer et le service de Biostatistique-Bioinformatique des Hospices Civils de Lyon (HCL) ont pris l'initiative de dresser "une "cartographie des cancers" sous la forme de seize rapports régionaux. Elle porte sur vingt-quatre types de cancers.

Les Hauts-de-France et les Pays-de-la-Loire, régions les plus touchées

D'après les informations recueillies, les Hauts-de-France sont globalement la région la plus touchée. Selon le rapport qui leur est consacré, il existe "une sur-incidence et une sur-mortalité par cancers de l’œsophage, de la lèvre-bouche-pharynx et du côlon-rectum dans les deux sexes, de la prostate, du poumon, du foie et de la vessie chez l’homme, et du sein chez la femme". Celle-ci est aussi concernée par une sur-mortalité par cancers de la vessie et du foie. "Une partie importante des cancers en sur-incidence dans les Hauts-de-France présente certains facteurs de risque en lien avec le mode de vie comme les consommations de tabac, d'alcool et la surcharge pondérale", notent les experts. Depuis 1997, Le Nord-Pas-de-Calais est la zone française présentant une prévalence d’obésité parmi les plus élevées du territoire, la consommation de fruits et légumes y étant notamment faible.


Plus à l'ouest, "la région Pays-de-la-Loire se classe en deuxième position des régions métropolitaines les plus touchées par le cancer chez l'homme, après les Hauts-de-France".  L'un des principaux facteurs serait la consommation d'alcool "plus fréquente qu’au plan national", explique le rapport. Les cancers qui y sont liés, à savoir lèvre-bouche-pharynx, œsophage et foie, y sont plus répandus. La Bretagne souffre elle aussi d'un nombre de cas et/ou une mortalité supérieurs à la moyenne nationale pour les cancers liés à la consommation d'alcool, mais aussi de tabac.

L'Auvergne-Rhône-Alpes et l’Île-de-France parmi les régions les moins touchées

L'Auvergne-Rhône-Alpes, elle, constitue la région où la situation globale est la plus favorable. Elle connaît, concernant l'incidence de tous les cancers confondus, des taux comparables à la moyenne nationale chez les hommes (sous-incidence de 2 %) et chez les femmes. La mortalité est quant à elle moindre de 4 % par rapport à ce qui est observé pour chacun des sexes en France métropolitaine. Malgré tout, en raison du grand nombre des décès par cancer qui surviennent chez des personnes âgées de moins de 65 ans, le cancer reste "la première cause de mortalité prématurée dans la région".


En Île-de-France, région la plus peuplée de la métropole, la situation est globalement bonne chez les hommes comme chez les femmes. "Les hommes d’Île-de-France se situent favorablement en termes d’incidence et de mortalité pour les localisations cancéreuses étudiées par rapport à la moyenne nationale", décrit le dossier. Les cancers associés au tabagisme ou à la consommation d’alcool sont notamment moins fréquents qu'ailleurs en France métropolitaine. La région fait aussi partie des deux seules en sous-incidence pour le cancer du testicule (-13 %). Chez les femmes, la situation est comparable à celles de la France métropolitaine en termes d’incidence et de mortalité par cancer. Les cancers du sein et du poumon y sont néanmoins plus fréquents.

Pour connaître les cancers les plus répandus dans votre région, leur incidence et leur taux de mortalité, cliquez ici.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter