Record du vol le plus long du monde : quels risques pour la santé des passagers ?

Bien-être
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DÉCRYPTAGE - Il a duré 17 heures et 50 minutes. De jeudi à vendredi, Singapor Airlines a opéré le vol le plus long du monde entre Singapour et New York. Si ce voyage sans escale représente une prouesse, il n'est cependant pas sans danger pour les passagers immobilisés sur leurs sièges.

Le vol le plus long du monde a décollé jeudi. En près de 19 heures, il devait relier Singapour à New York, soit un parcours de 16.700 kilomètres. Il est finalement arrivé à destination en 17h50, ce qui ne lui ôte pas son titre de vol record.  La palme était jusqu'alors détenue par la liaison de Qatar Airways entre Auckland et Doha, avec 14 heures de vol. A bord de cet Airbus A350-900 ULR, dix-sept membres d'équipage et cent-cinquante passagers. Si leur patience a été mise à rude épreuve, malgré un très long catalogue de films, leur santé l’a été tout autant. Car rester dans un avion pendant autant de temps comporte des risques non négligeables. 

La thrombose

La thrombose ou phlébite se caractérise par la formation d’un caillot sanguin dans une artère ou une veine. Un long voyage en avion multiplie, selon l’institut Pasteur, par deux les risques d’en contracter. L’immobilisation, tout d’abord, a tendance à ralentir la circulation sanguine dans les jambes. L’altitude, elle, entraîne une diminution de la concentration en oxygène dans le sang. Enfin, l’air de l’avion, plus sec que celui du Sahara, facilite la déshydratation, ce qui rend le sang plus épais et peut entraîner la formation d’un caillot. Un risque d'autant plus grand pour les voyageurs âgés, obèses, fumeurs, présentant des antécédents personnels ou familiaux de thrombose veineuse ou d’embolie pulmonaire, ou prenant une contraception oestro-progestative.

La grippe

Selon des chercheurs américains, les chances d’attraper la grippe à bord d’un avion sont également démultipliées. Dans une étude parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, ils révélaient en mars dernier que les passagers assis à moins d'une rangée et latéralement à moins de deux sièges d’un passager infecté ont une probabilité d'au moins 80% d'être contaminés. Le virus se transmettrait dans l’avion non pas par les sièges, les tablettes ou les ceintures, mais par les éternuements ou la toux. Pas de chance, il n'existe pas encore d'option de réservation pour choisir un siège loin de passagers malades.

La surdité

Alors que le nombre de décibels dans un avion est en moyenne compris entre 85 et 110 décibels, l'INRS [Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, ndlr.] préconise, pour ne pas détériorer son audition, une exposition maximale à 89 décibels pour une heure d'exposition, et 80 pour huit heures. Un vol de plus de 17 heures risque donc fort du brutaliser les tympans des passagers. Port de bouchons d'oreilles conseillé !

Les radiations des rayons cosmiques

En 2009, le National Council on Radiation Protection and Measurements (NCRPM) affirmait qu'aux Etats-Unis, les membres d'équipage des avions étaient en moyenne plus exposés aux radiations que les travailleurs officiant près de réacteurs nucléaires. Ces radiations, appelées rayons cosmiques, proviennent en majorité du Soleil et de l'explosion d'étoiles.


Voyageant à une vitesse proche de celle de la lumière, ils bombardent la Terre en interagissant avec l’atmosphère, mais peu d'entre eux frappent réellement la planète. Ainsi, à hauteur de vol de croisière des avions de ligne, soit de 10 à 12 kilomètres, le rayonnement cosmique est environ 100 à 300 fois plus intense qu’au niveau de la mer, indique un rapport de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).


Ces rayons, formés de noyaux d'atomes, ont un effet similaire sur le corps humain aux rayonnements provenant d'une centrale nucléaire. Et sachant, que seuls huit allers-retours entre la France et le Japon (environ 12h de vol) suffisent à atteindre 1 millisievert (mSv), la limite annuelle réglementaire d’exposition fixée pour le public par l'IRSN, le personnel naviguant y est fortement exposé. Voler de façon ponctuelle, en revanche, ne poserait pas de problème.

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