Santé : les femmes lève-tôt moins exposées au risque de cancer du sein ?

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DRIIING - "L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt", dit le dicton. Il semblerait que ce soit aussi le cas pour la santé. Selon des chercheurs britanniques, les femmes "lève-tôt" auraient moins de risques de développer un cancer du sein au cours de leur vie.

Vu comme ça, la corrélation n’est pas évidente. Et pourtant, selon des chercheurs de l’université de Bristol, au Royaume-Uni, se lever tôt pourrait bien réduire le risque de cancer du sein.


Leur découverte, présentée début novembre à la conférence de l’Institut national de la recherche contre le cancer (NCRI), découle du suivi sur huit ans des données de 410.000 femmes britanniques âgées de 40 à 70 ans, rapporte la BBC.

Deux fois plus de cancers chez les "lève-tard"

Lors de leurs recherches, les scientifiques ont tout d’abord analysé 341 fragments d’ADN, les uns associés à la durée du sommeil et les autres aux insomnies, pour arriver à déterminer si une personne était plutôt de nature "lève-tard" ou "lève-tôt". Ils ont ensuite confronté ces informations aux données de 180.000 femmes inscrites dans le projet national de banque biologique et à celles de 230.000 femmes participant à une vaste étude sur le cancer du sein.


Sur les huit ans qu'a duré l’étude, deux "lève-tard" sur cent ont développé un cancer du sein, contre une "lève-tôt" sur cent. "Ces résultats sont potentiellement très importants car le sommeil concerne tout le monde et peut facilement être modifié, explique à la BBC l’une des chercheuses, Rebecca Richmond. De précédentes recherches ont examiné l’impact des horaires décalés, mais cela prouve ici qu’il y a peut-être un facteur de risque pour toutes les femmes".

Des recherches encore nécessaires

Pour l’heure cependant, le mécanisme qui lie l’horloge biologique et le risque de cancer est encore inconnu. Le rythme de sommeil influe-t-il sur le niveau d'hormones ? Le système immunitaire ? Le métabolisme ? Impossible donc pour les scientifiques de se permettre de donner des conseils aux femmes sur le meilleur rythme à adopter.


De plus, relève Georgina Hill, du centre britannique de recherche contre le cancer dans les colonnes du Guardian, si les femmes ont dû, pour cette étude, dire si elles étaient plutôt "couche tôt" ou couche tard", leur véritable rythme de sommeil (en partie lié aux obligations sociales) n'a pas été pris en compte. Ainsi, une personne "lève-tard" peut en réalité, à cause de son travail, devoir se lever très tôt durant la semaine.


Toujours selon cette membre du Cancer Research UK, les gènes qui influencent le sommeil pourraient aussi être liés à d'autres éléments, comme l'activité physique. L'augmentation ou la réduction du risque de cancer du sein n'est ainsi peut-être pas entièrement liée à l'horloge biologique.

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