Des bébés transférés en province faute de lits : une pétition pour "sauver la réanimation pédiatrique"

Des bébés transférés en province faute de lits : une pétition pour "sauver la réanimation pédiatrique"

PÉTITION – Des parents d’enfants passés par un service de réanimation pédiatrique lancent un appel au président de la République et à la ministre de la Santé pour alerter sur "la gravité de la situation". Leur pétition a déjà recueilli plus de 40.000 signatures, dont des personnalités politiques.

C’est un véritable cri du cœur. Depuis plusieurs jours, un collectif de parents a lancé une pétition pour alerter les pouvoirs publics sur la situation dans les services de réanimation pédiatrique et néonatale. Dans une tribune parue dans Libération de 3 janvier dernier, ils dénonçaient le "manque de personnel" et les "fermetures de lits" dans ces services, qui provoquent des transferts d’enfants à plusieurs centaines de kilomètres de leurs parents.

"Ces derniers mois, nous avons vu plusieurs articles de presse paraître et décrire une situation très préoccupante dans les hôpitaux franciliens, et particulièrement dans les services de réanimation pédiatrique et néonatal", explique à LCI Pauline Lavaud, maman d’un enfant passé par un de ces services. "Avec mon conjoint, nous avons été profondément choqués d’apprendre que ces services ne pouvaient pas fonctionner normalement et nous avons décidé de contacter d’autres parents qui ont tous été indignés de la même manière", indique-t-elle. Ensemble, ces familles ont donc voulu alerter les autorités sur les dérives de la prise en charge hospitalière des enfants.

Pas assez de personnel, et donc de lits

Et cet appel cible deux problèmes précis : le manque de personnel et les fermetures de lits. "Ce sont des services extrêmement exigeants qui demandent beaucoup de personnel pour pouvoir tourner normalement. Quand il manque du personnel, il y a une fermeture de lits, car aucun risque n’est pris avec les enfants qui sont hospitalisés. Ceux qui le sont sont soignés dans les meilleures conditions, mais il y a moins de lits donc certains ne peuvent pas être admis alors qu’ils devraient pouvoir l’être et sont renvoyés vers d'autres hôpitaux, parfois à des centaines de kilomètres, pour pouvoir être pris en charge".

Cette situation semble d’ailleurs s’aggraver, selon les chiffres cités par Pauline Lavaud. "En 2018 en Île-de-France, 3 enfants n’ont pas pu être pris en charge et ont dû être envoyés vers des hôpitaux à l’extérieur de la région. Mais rien que sur les derniers mois de 2019, il y en a eu 25 !", décrit-elle.

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Quels espoirs ?

Pauline Lavaud souhaite que leur cri d’alarme adressé à Emmanuel Macron et Agnès Buzyn grâce à cette pétition soit entendu. "Nous espérons qu’ils ont bien conscience de la situation et qu’elle leur pose problème", explique-t-elle. "Nous attendons qu’ils prennent les mesures adéquates pour assurer un fonctionnement normal de tous ces services, qui permette de sauver la vie de nos enfants parce qu’il y est question de vie et de mort".

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"Que les pouvoirs publics réagissent avant un drame !"

À ce jour, la pétition a déjà recueilli 40.000 signatures, et est soutenue par des personnalités politiques de gauche telles que Cécile Duflot, Anne Hidalgo, Raphaël Glucksmann ou Olivier Faure. Mais elle n’a pas permis de faire bouger les choses. "Pour l’instant, nous n’avons aucune réaction des pouvoirs publics", regrette Pauline Lavaud. "Nous avons fait cette pétition, cette tribune dans Libération, j’ai aussi écrit à la ministre de la Santé... Nous n’avons pas de réponse", déplore-t-elle.

"Je ne sais pas combien de signatures il faut pour qu’ils réagissent, mais nous espérons qu’ils le feront avant qu’un drame ne se produise !", prévient l’initiatrice de cette appel. "Quiconque lit ce texte et est parent se sent concerné. Il n’y a pas besoin d’avoir un enfant qui a été hospitalisé en réanimation pédiatrique pour avoir envie que ces services marchent parfaitement. Tout le monde sait qu’il est essentiel que l’hôpital fonctionne bien et puisse nous prendre en charge si jamais nous en avons besoin", conclut Pauline Lavaud. Le message est passé.

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