Sexualité, âge et risques pour la santé : les mécanismes de la ménopause explorés dans deux études

Sexualité, âge et risques pour la santé : les mécanismes de la ménopause explorés dans deux études
Bien-être

RECHERCHE - Une étude publiée la semaine dernière suggère un lien entre fréquence des rapports sexuels et âge de l'arrivée de la ménopause. Une seconde, parue ce lundi, se penche sur les problèmes de santé qu'engendre une ménopause prématurée.

Elles n’ont rien à voir entre elles mais viennent coup sur coup nous éclairer sur un changement hormonal et physiologique encore largement empreint de mystères. Des chercheurs se penchent sur la ménopause dans deux études distinctes études publiées ces derniers jours. 

La première, parue mercredi dans la revue Royal Society Open Science, établit que les femmes ayant des rapports sexuels fréquents à l'approche de la ménopause atteignent moins vite cet arrêt du fonctionnement ovarien que celles qui ne sont pas aussi actives sexuellement au même âge. Ces travaux ont été menés sur des données recueillies aux Etats-Unis auprès de 3000 femmes, âgées en moyenne de 46 ans au début des observations, et dont 45% ont ensuite connu une ménopause naturelle, à 52 ans en moyenne, au cours de la décennie suivante. Ils concluent précisément que les femmes ayant des relations intimes au moins une fois par semaine réduiraient leurs chances d'entrer en ménopause à un âge donné de 28% par rapport à celles qui ont des rapports sexuels moins d'une fois par mois. Selon ses auteurs, cela pourrait s'expliquer par une réponse du corps aux pressions de l'évolution.

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"Si une femme a peu de rapports sexuels ou des rapports peu fréquents à l'approche de la quarantaine, son corps ne recevra pas les signaux physiques d'une éventuelle grossesse", écrivent ainsi Megan Arnot et Ruth Mace, scientifiques à l'University College London, dans leurs conclusions. "Dans une perspective de maximisation de la forme physique", le corps de la femme pourrait alors davantage investir son énergie dans la prise en charge de sa famille plutôt que dans l'ovulation. 

La ménopause prématurée associée à des risques accrus

Autre étude, autres conclusions, sur la ménopause prématurée cette fois-ci. Si on sait déjà que ce phénomène, qui survient à l'âge de 40 ans ou moins, est liée à un certain nombre de problèmes médicaux qui surviennent plus tard dans la vie, comme les maladies cardiovasculaires et le diabète, il y a aujourd'hui peu d'informations sur l'existence d'un lien entre la ménopause naturelle et le développement de multiples problèmes médicaux - connu sous le nom de multimorbidité. Or, dans des travaux publiés ce lundi, des chercheurs australiens assurent que les femmes qui ont une ménopause précoce, à l'âge de 40 ans ou moins donc, ont trois fois plus de risques de développer des problèmes médicaux chroniques et multiples à la soixantaine que celles qui l'ont à 50 ou 51 ans.

L'étude, parue dans la revue Human Reproduction, a porté sur plus de 5.000 femmes australiennes, âgées de 45 à 50 ans en 1996 et suivies jusqu'en 2016. Lors de ces vingt années, 2,3% des femmes ont eu une ménopause prématurée et 55% ont développé une multimorbidité. Par comparaison avec les femmes ménopausées à 50-51 ans, celles qui l'ont été prématurément étaient deux fois plus susceptibles d'avoir une association de pathologies à l'âge de 60 ans et trois fois plus à partir de 60 ans. Et ce même après prise en compte d'autres facteurs pouvant affecter les résultats (le fait d'avoir ou non des enfants, le nombre d'enfants, l'éducation, le surpoids, le tabagisme, l'activité physique...). Des résultats qui ne montrent donc pas que la ménopause prématurée est la cause de la multimorbidité, mais qu'elle y est fortement associée.

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