Dangers des casque audio et des écouteurs : comment protéger les oreilles de ses enfants ?

Bien-être
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ET JE COUPE LE SON - Alors que l'OMS vient de publier, le 12 janvier, une nouvelle norme pour protéger les plus jeunes de pertes auditives liées à l'écoute prolongée et excessive de sons trop forts, la dangerosité des casques et des écouteurs audio pour l'ouïe des enfants inquiète les médecins ORL. LCI fait le point avec le professeur Bruno Frachet, auteur de "L'audition pour les nuls".

S'ils offrent un meilleur confort d'écoute, l'usage intensif de casques audio et d'écouteurs dès le plus jeune âge s'accompagne d'une hausse significative des risques de perte auditive à long terme. Selon les prédictions de l'Organisation mondiale pour la santé (OMS), environ 50% des jeunes de 12 à 35 ans, soit 1,1 milliard de personnes, risquent à terme de souffrir de pertes auditives en raison "d'une exposition prolongée et excessive à des sons forts". Pour tenter d'enrayer ce phénomène, elle a instauré, le 12 février, une nouvelle norme recommandant aux fabricants de smartphones et de lecteurs audio d'inclure des systèmes permettant d'évaluer les risques liés au volume sonore.


Mais, sur la base du volontariat, pas sûr que ces changements arrivent de sitôt. Pour savoir comment protéger coûte que coûte les oreilles de nos enfants et connaître les risques encourus par une exposition à des sons trop forts, LCI a interrogé le professeur Bruno Frachet, chef du service ORL à l’hôpital Rothschild à Paris et auteur de L’audition pour les nuls (aux éditions First).

"Le casque semble avoir remplacé la berceuse"

Une récente enquête Ipsos révélait qu'en France, pas moins d'1 bébé sur 10 s’endort régulièrement avec un casque audio ou des écouteurs dans les oreilles. Et 62% des parents d’enfants déclaraient entendre ce que leur enfant de moins de 6 ans écoutait sous son casque. "A cet âge, les enfants sont incapables de dire si le son est trop fort. Ainsi, ils finissent par s'habituer. En grandissant, ils chercheront un son toujours plus fort",  prévient  le professeur Frachet. 

Notre capital auditif ne se renouvelle pas

Il faut savoir d'ailleurs que chaque oreille possède environ 15.000 cellules ciliées à la naissance  : c’est notre capital auditif. Une fois qu’elles sont détruites, elles ne se renouvellent pas. "L'usage intensif d'un casque audio, dès le plus jeune âge, va provoquer un vieillissement prématuré et irréversible, à long terme, de l’oreille interne, souligne le professeur Frachet. Et des problèmes d'audition pourraient apparaître entre 30 et 40 ans, au lieu de 65 ans habituellement."

80 décibels : le volume sonore à ne pas dépasser

Il faut savoir que tous les bruits, à partir de 80 dB, peuvent provoquer une fatigue auditive, et ce d’autant plus rapidement si le son est fort. "Concrètement, cela se traduit par la sensation d’avoir les oreilles bouchées par du coton, ou par un bourdonnement. Il devient alors plus difficile de discriminer les sons et les voix, lorsqu’il y a du bruit autour", explique le médecin. 


D’après les données de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), il faut 8 heures d’exposition à 80 décibels (dB) pour détériorer l’audition, mais seulement 1 heure à 89 dB, et quelques minutes à 100 dB. Un baladeur dont le volume est poussé à son maximum atteint justement ce niveau sonore. Or, aujourd'hui, la musique se consomme sous casque, et cela dès l'école primaire. "Il ne s'agit pas d'interdire, mais de prévenir les risques en veillant à une utilisation raisonnable".

Une pause de 30 minutes toutes les 2 heures d’écoutes

Le professeur Frachet préconise ainsi de faire "une pause d'une heure toutes les deux heures d’écoute. "Il faut faire en sorte que l’oreille se repose, dans un environnement peu bruyant, pendant une durée à peu près égale au temps d’exposition au bruit". 

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