Sœurs siamoises séparées à Lyon : "une deuxième naissance" pour Bissie et Eyenga

Sœurs siamoises séparées à Lyon : "une deuxième naissance" pour Bissie et Eyenga
Bien-être

CHIRURGIE - La semaine dernière, une délicate opération a permis de séparer deux petites siamoises camerounaises reliées par l'abdomen. Les équipes qui l'ont réalisée ont donné ce vendredi des nouvelles de Bissie et Eyenga.

Le retour dans leur pays natal est espéré "avant la fin de l'année". Nées il y a un an au Cameroun, Bissie et Eyenga Merveille, reliées par l'abdomen avec une partie du foie en commun, ont été séparées le 13 novembre dernier durant une opération "très technique" réalisée par les experts du service de chirurgie pédiatrique de l'hôpital Femme-Mère-Enfant des Hospices Civils de Lyon. Ces derniers ont tenu ce vendredi une conférence de presse pour revenir sur cette prouesse chirurgicale, qui aura duré 5 heures et mobilisé une vingtaine de personne, et surtout donner des nouvelles des deux fillettes.

Si la date du retour au Cameroun de celles qui sont désormais jumelles est encore incertaine, c'est parce que l'une d'elles souffre d'une "cardiopathie relativement sévère", et doit donc encore probablement subir une intervention du coeur. Pour l'heure, elles sont à l'hôpital avec leur mère, dans une chambre protégée. La plus fragile nécessite toujours des soins de renutrition et doit subir la semaine prochaine des examens complémentaires en lien avec sa malformation cardiaque.

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"Il y a eu quelques larmes"

Dans le bloc opératoire, "il n'y avait pas un mot mais tout le monde se comprenait, on avait fait notre boulot et il y a eu quelques larmes" d'émotion à l'issue de la séparation, a raconté le Pr Pierre-Yves Mure, l'un des chirurgiens lyonnais qui a réalisé l'opération. A leur réveil ensuite, les deux sœurs ont été placées dans un lit unique où elles "ont repris leur position naturelle comme avant leur opération", selon la réanimatrice, Solène Rémy. "Petit à petit, on a pu les séparer physiquement et psychologiquement".

"C'est une deuxième naissance pour elles, d'une certaine manière, et c'est un chemin de tous les jours", a pour sa part déclaré le pédopsychiatre Hugues Desombre, tandis que Alain Deloche, fondateur de la Chaîne de l'Espoir qui assure la logistique autour de la venue des fillettes en France, a souligné "le lien mystérieux entre ces deux petits êtres".

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