Soupçons autour des DCP, ces substances chimiques cachées dans notre quotidien

Bien-être

SOUPÇONS - Les dichlorophénols (DCP), de la famille des chlorophénols, font partie de la composition de nombreux produits de notre quotidien, comme les dentifrices ou les savons antiseptiques. Deux d'entre eux, le 2,4-DCP et le 2,5-DCP, sont suspectés dans une récente étude américaine d'entraîner un risque accru de maladies cardiaques et de cancers.

Dichlorophénols, ou DCP pour les intimes. Ce nom ne vous dit peut-être rien pour l’instant, mais il s’agit pourtant d’un énième composé de nos produits du quotidien dont nous ferions mieux de nous méfier. Dans une récente étude, publiée dans la revue scientifique Occupational and Environmental Medicine, des chercheurs américains ont pointé du doigt cette catégorie de produits chimiques, soupçonnés d'entraîner un risque accru de maladies cardiaques et de cancers.

Menés par l’université du Minnesota, ces travaux ont analysé les urines de 3.617 participants. Une quantification du 2,4-Dichlorophénol et du 2,5-Dichlorophénol, deux types de DCP utilisés pour leurs propriétés désinfectantes, a été menée dans les échantillons prélevés. Le 2,4-Dichlorophénol est intégré dans la fabrication des herbicides et des antiseptiques. Il est aussi présent dans le triclosan, un agent antibactérien présent dans de nombreux dentifrices, savons, déodorants et produits colorants type teinture pour cheveux. Le 2,5-Dichlorophénol, lui, intervient dans le traitement des eaux, du bois, et est aussi utilisé dans la fabrication de produits pharmaceutiques et agricoles. Jusqu'en 2009, il a largement été employé dans les produits antimites.

Cancers, diabète, maladies cardiaques... Les DCP jugés coupables ?

Leurs résultats ont montré que de fortes concentrations de 2,5-DCP dans les urines étaient associées à une plus grande prévalence de maladies cardiaques et cancers. En 2016, une autre étude américaine menée auprès de plus de 3.000 personnes avait d'autre part démontré un lien potentiel entre un taux élevé de 2,5-Dichlorophénol et une prévalence au diabète.

Si, dans cette étude menée par l'université du Michigan, aucune association n'a été trouvée entre le 2,4-DCP et les maladies cardiaques ou les cancers, une étude datant de 2018 mettait en avant une association marquée du 2,4-Dichlorophénol avec l’irruption de la puberté des petites filles. L'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), en France, rapporte par ailleurs qu'après avoir été exposées pendant toute la période de reproduction et de mise bas à une dose de 300 ppm de 2,4-dichlorophénol, des femelles souris ont donné naissance à des animaux de "taille significativement plus petite que les animaux témoins, alors que le foie et le thymus sont au contraire plus volumineux". Les taux de globules rouges et d'hémoglobine étaient aussi supérieurs. Le 2,4-dichlorophénol s'accumule, chez les souris comme chez l'Homme, principalement au niveau du foie et des reins.

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De précédentes recherches du National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES), aux Etats-Unis, avaient montré que 81 % des Américains présentaient des taux de 2,4-DCP et 2,5-DCP dans leurs urines. Les scientifiques appellent désormais à un examen plus approfondi pour déterminer plus précisément les effets de ces dichlorophénols sur la santé au quotidien.

Si, d'ici là, vous exprimiez l'envie (justifiée) d'éviter le plus possible de vous exposer à ces substances, sachez que la bataille n'est pas gagnée d'avance. Car, étant donné leur large présence dans les produits du quotidien, il peut s'avérer compliqué de fuir les dichlorophénols. D'autant qu'étant utilisées dans des herbicides et autres produits agricoles, ainsi que dans le traitement de l'eau, elles peuvent aisément se retrouver dans le sol, dans l'air ou l'eau du robinet. Concernant les cosmétiques, certaines applications, comme QuelCosmetic ou Yuka, peuvent cependant vous les signaler sous l’appellation Triclosan.

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