Tickets de caisse, biberons... Le bisphénol S serait encore plus toxique que le A qu'il a remplacé

Bien-être
ATTENTION DANGER - Depuis 2012, le bisphénol A, interdit en France, a été remplacé par des substituts, principalement le bisphénol S. Mais cette substance pourrait être encore plus dangereuse d'après une étude.

Le bisphénol S (BPS) est l'un des principaux substituts au bisphénol A, une substance chimique reconnue comme perturbateur endocrinien, interdite en France en raison de ses propriétés dangereuses. Mais d'après une étude publiée mercredi, menée sur des porcelets par l'école nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) et le laboratoire toulousain Toxalim, il serait loin, d'être meilleur pour notre santé. 


En effet, ces travaux révèlent que, chez l'animal, le bisphénol S (BPS) persiste plus longtemps dans l’organisme et à des concentrations beaucoup plus élevées que le bisphénol A (BPA) : "En raison des propriétés oestrogéno-mimétiques du BPS comparables à celles du BPA, le remplacement du BPA par le BPS conduit ainsi à multiplier par environ 250 les concentrations dans le sang d’une substance hormonalement active." Les fonctions gastro-intestinales du porc et de l'homme étant similaires, les résultats de cette étude suggèrent que le remplacement du BPA par le BPS conduit a un risque pour la santé humaine.  

Une substance retrouvée dans les jouets, les biberons ou encore les tickets de caisse

Depuis quelques années, certains tickets de caisse affichent fièrement la mention "Sans BPA" (les bisphénols sont employés en tant que révélateurs pour la majorité des papiers thermiques). Tout comme les biberons et les contenants alimentaires. Le bisphénol A, un perturbateur endocrinien utilisé pour fabriquer les plastiques durs et transparents et les résines couvrant l'intérieur des canettes et boîtes de conserve, est en effet interdit en France depuis le 1er janvier 2015 dans tous les contenants alimentaires. Les industriels se sont alors tournés vers d'autres types de bisphénols, dont le bisphénol S (BPS), l'un des plus répandus. Mais cette étude confirme qu'il va peut-être à nouveau falloir changer. 


En 2017, l'Anses avait déjà tiré la sonnette d'alarme, incitant "à la plus grande prudence en matière de substitution par ces composés" que sont les bisphénols M, S, B, AP, AF, F et BADGE, malgré le manque de données toxicologiques permettant de conduire une évaluation des risques sanitaires liés à leur utilisation. Mais les faire interdire, comme le bisphénol A dont la justice européenne a confirmé la semaine dernière la classification comme "substance extrêmement préoccupante", ce que l'industrie du plastique contestait, n'a rien d'aisé. 

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