Allergies aux pollens : comment s'en débarrasser pour de bon ?

Bien-être
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CIAO - Pour les millions de Français allergiques au pollen, le printemps est un mauvais moment à passer. Différents traitements permettent pourtant de dire définitivement au revoir à ces allergies. Une allergologue nous dit tout.

Éternuements intempestifs, écoulements nasal, yeux bouffis, gorge qui gratte, asthme... Si nous sommes nombreux à nous réjouir de l'arrivée du printemps, les allergiques aux pollens peuvent y vivre un enfer. En France, plus de 20% de la population est concernée. Une part qui devrait continuer de s'accroître en raison du réchauffement climatique et de l'augmentation de la quantité de pollens qu'il induit.


Si la situation paraît inéluctable, des traitements existent pourtant pour contrer ces allergies, dues à un dérèglement de notre système immunitaire. Pris correctement, ils peuvent tout bonnement faire disparaître ces réactions inappropriées. L'allergologue et présidente du Syndicat français des allergologues (Syfal) Isabelle Bossé nous explique comment cela fonctionne.

Quels traitements ?

Si l'éviction de l'allergène est la solution la plus simple pour supprimer l'allergie, elle n'est malheureusement pas envisageable lorsqu'il s'agit de pollens, qui sont dispersés dans les moindres recoins avec le vent. L’immunothérapie allergénique, ou "désensibilisation", est alors la seule façon de faire disparaître l'allergie. Il s'agit en fait d'un traitement au cours duquel l’administration répétée de l'allergène responsable des symptômes amène le corps à mieux le tolérer. Ces moyens de désensibilisation sont délivrés après consultation d'un allergologue.


"L'allergie aux graminées est la plus courante", nous explique Isabelle Bossé. "Dans ce cas, deux solutions s'offrent à vous : les gouttes ou les comprimés." Le premier traitement, qui se conserve au réfrigérateur, prend la forme de gouttes à verser sous la langue et à conserver deux minutes en bouche, avant de les recracher. Il est à suivre quotidiennement du mois de janvier à juin sur une période de trois à cinq ans et est entièrement remboursé (à 30% par l'Assurance maladie et à 70% par toutes les mutuelles). Les comprimés, qui fondent sous la langue, se prennent eux aussi sur la même période et sur la même durée. Mais s'ils ont l'avantage de se conserver à températures ambiantes et d'être plus facile à transporter, ils ne sont remboursés qu'à 15% par l'Assurance maladie.


Les autres pollens, comme le cyprès, le frêne ou le bouleau, ne peuvent pour l'instant être traités que grâce aux gouttes sublinguales. "Il y a des développements en cours pour les transformer en comprimés, comme cela se fait dans d’autres pays", précise le médecin.

À qui s'adresse la désensibilisation ?

"Ce type de solution est surtout adapté aux rhinites modérées à sévères, donc pour les patients qui sont extrêmement gênés dans leur qualité de vie, qui ne peuvent pas manger dehors, tondre leur pelouse...", indique Isabelle Bossé. Les traitements sous forme de gouttes peuvent être débutés dès l'âge de 5 ans. Pour les comprimés, il faudra en revanche attendre 12 ans. "Plus on commence tôt et mieux c’est, car il est vraiment possible de moduler le système immunitaire de cette façon", insiste la professionnelle. "Même si à 5 ans, tous les enfants ne sont pas capables de garder les gouttes sous la langue 2 minutes et de les recracher." 

Est-ce efficace chez tout le monde ?

"Nous n'avons pas d'étude qui prouve que ces traitements fonctionnent à vie", explique Isabelle Bossé. Pour l'heure, les études cliniques faites sur la désensibilisation allergique n'ont suivi les patients que sur une durée de deux ans après la fin de leur traitement. Selon son expérience cependant, environ un tiers des patients ne souffrirait plus de leur allergie après avoir terminé leur médication, un tiers rechuterait au bout de quelques années et un autre tiers serait totalement non-réceptif à la désensibilisation.

D'autres techniques...

À l'heure actuelle, aucune autre méthode ne permet de désensibiliser, à proprement parler, une personne allergique. Il est cependant possible de soulager les symptômes de différentes manières. L'une des plus populaires n'est autre que les médicaments antihistaminiques. "Ils se présentent sous forme de comprimés ou de sirops, pour les petits", nous explique Isabelle Bossé. Ces traitements sont disponibles en pharmacie, sans prescription, mais ne peuvent pas être pris plus de sept jours. "Si les symptômes persistent au-delà d'une semaine, nous estimons que cela nécessite une prescription médicale, et donc un rendez-vous médical." Pour les gênes localisées (conjonctivites ou rhinites allergiques), il existe aussi des collyres ou des gouttes nasales délivrés sur prescription. En cas d'asthme, le médecin peut également préconiser l'utilisation de ventoline, ou d'un traitement de fond.

D'autres méthodes, plus naturelles, peuvent également permettre de vous soulager. Même si leur efficacité n'a pas été démontrée scientifiquement, les traitements homéopathiques sont présents à foison dans les rayonnages des officines. En fonction des gênes ressenties, votre pharmacien ou votre médecin peut vous conseiller la meilleure marche à suivre. 


L'acupuncture, elle aussi, peut s'avérer être un allié de taille. D'après une étude américaine réalisée en 2013 sur 422 personnes allergiques au pollen, elle pourrait permettre de soulager les symptômes. L'effet placebo était cependant largement suspecté d'être à l'origine des améliorations.

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