Trois enfants sur quatre respirent un air toxique en France : quelles solutions pour les épargner ?

Bien-être

IL FAUT QUE TU RESPIRES... - Chaque année, 67.000 personnes décèdent à cause de la pollution de l'air en France. Les enfants, dont l'organisme est encore immature, font partie des plus vulnérables. D'après un rapport de l'Unicef paru ce jeudi, trois enfants sur quatre sont exposés à un air toxique en France. Olivier Blond, président de l'association "Respire", nous donne ses conseils pour les épargner au mieux.

Le rapport est alarmant. D'après l'Unicef, qui s'est associé avec le WWF France, le réseau Action climat et l’association Respire pour alerter sur ce sujet, trois enfants sur quatre sont exposés à un air toxique en France. Une réalité qui se pose comme un véritable problème de santé publique, alors que les plus petits sont très vulnérables à la pollution de par leur organisme encore immature. Asthme, eczéma, voire dépression à l'adolescence font partie des nombreuses pathologies auxquelles ils sont exposés.

Contacté par LCI, Olivier Blond, président de l'association nationale pour la prévention et l'amélioration de la qualité de l'air Respire, ne se dit "malheureusement pas du tout étonné" par les chiffres publiés. "Nous savons que nous avons un vrai problème de pollution de l’air en France, en Europe et dans le monde de manière générale. Toute la population est exposée et j’aimerais que les autorités s’emparent de ce sujet-là, car c’est vraiment une crise sanitaire majeure", martèle-t-il. D'ici que des mesures concrètes soient prises par les politiques, le président de l'association nous fait part de plusieurs conseils pour protéger au mieux ses enfants de la pollution.

Choisir le meilleur itinéraire

"Sur le chemin de l’école, on peut toujours choisir des itinéraires qui sont un peu moins pollués. Il faut seulement avoir un peu de sens commun : si l'on a le choix de passer par une petite rue calme plutôt qu'un carrefour embouteillé en permanence, c’est mieux", note Olivier Blond. Certaines applications à l'image de celle développées par Airparif pour l'Île-de-France, peuvent d'ailleurs permettre de choisir son itinéraire en fonction de la pollution.

"Lorsque l'on peut emmener son enfant à vélo à l'école, il existe là encore une vraie possibilité d'éviter la pollution", fait-il remarquer. "Une étude montre que lorsque l'on est sur la voie de bus, on est en moyenne exposé à 30 % de pollution en moins que sur les voies réservées aux voitures. C'est 40 % de moins si l'on roule sur une piste cyclable située sur le trottoir !" 

Si vous devez prendre les transports en commun, privilégiez plutôt les moyens aériens (bus et tramway) que le métro dont l'air est, à Paris par exemple, 30 fois plus pollué que dans les rues de la capitale. Vous déposez vos enfants en voiture ? Pensez à couper le contact. Cela évitera d'enfumer tous les enfants aux alentours, dont le vôtre.

S'il est difficile d'intervenir personnellement pour protéger son enfant de la pollution lorsqu'il est à l'école, l'association Respire a publié en mars dernier la première carte détaillée des niveaux d’exposition de tous les établissements scolaires d'Île-de-France (crèches, écoles, collèges et lycées) aux principaux polluants de l’air. 670 établissements scolaires en Île-de-France sont exposés à des niveaux de pollution de l’air dépassant les normes légales de dioxyde d’azote (NO2). L'association demande donc "l’extension et l’intensification des zones à faibles émissions, dans lesquelles les voitures les plus polluantes ne pourraient pas circuler, aux abords des écoles, ou encore la mise en place d'alternative pour le dépôt des enfants à l'école. "C’est quand même terrible de se dire que dans les écoles, dans ces lieux symboliques de la République où les jeunes sont formées à devenir des citoyens, ceux-ci soient empoisonnés", regrette Olivier Blond.

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Éviter les heures de pointes sur les routes

L'autre astuce faut tout autant appel au bon sens que les précédentes : privilégier les sorties aux heures creuses de circulation, lorsque cela est possible. "Pourquoi aller faire les courses avec ses enfants à 17h30, lorsque tout le monde sort du bureau, si l'on peut faire autrement ?" questionne Olivier Blond.

Idem pour les activités sportives des enfants, qui sont des moments où les enfants sont exposés à la pollution de l’air. "Il est d'autre part mieux d'éviter les centres sportifs implantés au bord de gros axes routiers, comme cela est souvent le cas", lance Olivier Blond.

Bien aérer son logement

Si la pollution de l'air extérieur est préoccupante, celle de l'intérieur est également chargée en polluants. "Il est donc important d'aérer deux fois par jour son domicile, là encore en évitant les heures de pointes du trafic routier". Pour les logements particulièrement exposés, le président de l'association recommande l'acquisition d'un purificateur d'air. "Ça peut faire la différence. Mais attention au choix de l'appareil, car certains sont vraiment des arnaques."

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L’enfant est malheureusement la première victime de ce genre de pollution- Sébastien Barles, co-fondateur du "Syndicat des poussettes enragées"

Contacté par LCI, le collectif marseillais baptisé "Syndicat des poussettes enragées" est aussi excédé par cette problématique de la pollution de l'air. "Le syndicat marseillais a notamment été fondé pour ça", nous explique Sébastien Barles, co-fondateur du collectif. "Il faut vraiment réduire la circulation automobile aux abords des écoles et sur l’ensemble de la ville. Ce n’est plus tolérable qu’aujourd’hui on ait des dégâts sanitaires considérables sur les jeunes enfants avec des bronchiolites, de l’asthme… L’enfant est malheureusement la première victime de ce genre de pollution", déplore-t-il.

Le Syndicat des poussettes enragées, associé à d'autres collectifs, travaille actuellement sur un grosse parade prévue le 29 juin prochain à Marseille pour tenter de faire bouger les lignes. "Les enfants seront placés en tête de cortège", précise le co-fondateur du collectif. 

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