Un "décodeur" pourrait bientôt rendre la parole aux victimes d'un AVC ou d'une paralysie

JT 20H - Il sera bientôt possible de connecter son cerveau à un ordinateur.
Bien-être

AVANCÉE - Les personnes privées de la parole vont-elles bientôt pouvoir s'exprimer haut et fort ? Des chercheurs américains ont mis au point une machine capable, grâce à un implant placé dans le cerveau, de traduire les signaux du cerveau et du corps pour faire prononcer à un ordinateur des phrases intelligibles et fluides.

Les mots se heurtent aux parois de leur crâne, sans pouvoir s’en échapper. Les patients ayant perdu l'usage de la parole suite à un accident, comme un AVC ou une paralysie, sont en quelque sorte prisonniers de leur corps, de leurs pensées. Le seul moyen pour eux de s'exprimer, à l'heure actuelle, est de taper, lettre après lettre, des mots grâce au cillement de leurs paupières ou à la contraction d'un muscle. Le physicien Stephen Hawking lui-même utilisait un muscle de sa joue pour taper au clavier des mots que l'ordinateur transformait ensuite en paroles synthétiques. Un procédé très lent qui ne permet d'exprimer qu'environ 50 mots par minute, alors que la parole en compte en moyenne 150 dans le même laps de temps. 

Une étude, parue le 24 avril dans la revue Nature, laisse cependant entrevoir un espoir : celui de pouvoir parler à nouveau aussi vite que sa pensée. Des neuroscientifiques américains annoncent dans ce document avoir mis au point un décodeur capable de reproduire, à partir des signaux envoyés par le cerveau, une parole synthétique et fluide grâce à un ordinateur. Cette découverte a été faite grâce au travail réalisé sur cinq personnes épileptiques dotées d'électrodes implantées dans le cerveau pour traiter cette maladie.

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150 mots par minute

Dans un premier temps, les auteurs de l'étude ont enregistré l'activité cérébrale des patients, dotés de l'usage de la parole, lorsqu'ils lisaient des centaines de phrases à voix haute. Ils ont ensuite mis en parallèle ces données avec la façon dont bougeaient leur langue, leur mâchoire, leur larynx et leurs lèvres pour produire ces sons. Sur la base de ces mouvements, ils ont reproduit les dites phrases par ordinateur à un rythme de 150 mots par minute. Celles-ci ont été comprises à 70% par des anglophones recrutés pour les écouter. Lors d'une expérience où les mots ont été seulement mimés, comme dans un play back, les phrases se sont en revanche révélées un peu moins intelligibles.

Que donnerait cette technologie sur une personne incapable d'articuler ? Des essais sur des personnes paralysées devraient permettre d'y répondre dans le futur. Edward Chang, l'un des auteurs de l'étude, assure cependant être persuadé, dans un communiqué, qu'il  sera "un jour possible qu'un décodeur paramétré sur un individu doué de la parole serve à un patient incapable de parler, qui pourra le contrôler grâce à sa propre activité cérébrale". Les signaux cérébraux liés aux mouvements de la parole seraient en effet en partie commun à tous les individus.

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