Maladies chroniques : l'Inserm préconise la prescription systématique d'une activité sportive

Bien-être

ACTION - Le sport comme médicament. Un rapport de l'Inserm, rendu public le 14 février, insiste sur l'importance de la pratique sportive chez les patients atteints de maladies chroniques comme le cancer, le diabète, la dépression ou encore l'arthrose.

Les bénéfices du sport sur la santé ne sont plus à démontrer. Depuis le 1er mars 2017, les médecins ont la possibilité de prescrire de l'exercice physique à leurs patients atteints d'une affection de longue durée comme le diabète, la maladie de Parkinson ou encore la sclérose en plaques. Depuis pourtant, et alors qu'un Français sur quatre est atteint d'une maladie chronique, la pratique peine à se généraliser. Un rapport de l'Inserm, publié le 14 février, replace le sujet sur la table.

Au fil des 805 pages de ce travail "d'expertise collective" demandé par le ministère des Sports, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale insiste sur le fait que le sport devrait être prescrit "de façon systématique et aussi précocement que possible dans le parcours de soin" de millions de personnes atteintes de maladies chroniques. Le groupe de dix experts réunis par l'Inserm recommande également que "l'activité physique, soit prescrite - avant tout traitement médicamenteux - pour la dépression légère à modérée, le diabète de type 2 (le plus courant, ndlr), l'obésité", et l'artérite des jambes. 

Du sport pour une baisse des récidive et une réduction de la fréquence des douleurs

Selon les experts, cela permettrait d'éviter, selon les cas, des hospitalisations, des récidives, voire d'augmenter leur survie ou plus simplement de réduire par la fréquence de symptômes (asthme), des douleurs (arthrose des membres inférieurs), bref d'améliorer la qualité de vie. "Dire 'faites donc un peu d'activité physique', ce n'est pas suffisant", fait remarquer à l'AFP Béatrice Fervers, experte pour le cancer à Lyon.

Pour développer la pratique sportive chez les personnes malades, l'Inserm préconise le développement de partenariats avec les organisations de loisirs (fédérations sportives, clubs, associations...) pour accompagner les patients. En cardiologie, "pour le post-infarctus, seulement 30% des patients éligibles sont orientés en centre de réadaptation (réentraînement à l'effort) pour bénéficier de programmes adaptés", déplore Thibaut Guiraud. "On manque de place, de structures, la prévention secondaire (une fois la maladie apparue, ndlr) est un luxe", dit à l'AFP cet expert du chapitre cardiovasculaire. 

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Une diminution de 50% du risque de récidive de cancer

D'après Jean-Marc Descotes, co-fondateur de la CAMI Sport & Cancer, la première fédération à avoir développé et structuré l’activité physique en cancérologie, que nous avions interviewé en mars 2017, la pratique sportive diminue en moyenne de 36% la fatigue chez les patients sous chimiothérapie ou des radiothérapie et fait chuter jusqu’à 50% le risque de récidive de cancer. Le rapport de l'Inserm précise que pour le cancer du sein, l'activité physique entraîne une réduction d'environ 40% de la mortalité globale, de 30-35 % la mortalité spécifique (liée à la tumeur) et de 25 à 30% du risque de récidive. Des chiffres à peu près équivalents pour le cancer du côlon. Enfin, dans le cas de la réadaptation cardiaque fondée sur l'activité physique, une baisse de 30% de la mortalité d'origine cardiovasculaire, de 26% de la mortalité totale et une diminution de 31% du risque de réhospitalisation est observée. "On a tous les arguments aujourd'hui pour rembourser" ces prescriptions personnalisées d'activité physique, commente auprès de l'AFP l'un des experts, Grégory Ninot. 

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