Une cavité découverte à la surface de certains virus ouvre la voie à de nouveaux traitements

Bien-être

TROUVAILLE - C'est une découverte qui pourrait faire date. Des chercheurs belges ont annoncé récemment avoir découvert à la surface de certains virus une cavité jusque-là inconnue. En la "bouchant" grâce à une molécule, ils ont réussi à empêcher le virus de se propager. Cela pourrait donner lieu à de nouveaux traitements antiviraux.

Leur talon d’Achille a par hasard été découvert. Des chercheurs de l’université de Louvain, en Belgique, viennent de mettre au jour une cavité, jusqu’alors inconnue, à la surface de virus de la famille des picornavirus. Ceux-ci sont responsables de plusieurs maladies, du rhume à la poliomyélite en passant par la méningite.

Cette trouvaille, publiée le 11 juin dans la revue PLOS Biology, pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements antiviraux pour ces pathologies dont les virus ne cessent de muter.

La transformation des virus bloquée grâce au verrouillage de la cavité

La découverte des chercheurs belges a été faite alors qu'ils cherchaient une façon d'empêcher les virus de se propager dans l'organisme. Pour se répliquer, ceux-ci ont souvent besoin de changer de forme pour interagir avec leurs cellules hôtes et les coloniser. Afin de tenter de bloquer leur réplication, les scientifiques ont trouvé, puis injecté, une molécule visant à bloquer cette transformation. Avec succès.

C’est en étudiant ensuite de très près un picornavirus pour comprendre comment cette substance faisait effet qu’ils se sont aperçus que cette molécule s’était en fait logée dans une sorte de poche, encore inconnue, à la surface du virus. Or celle-ci serait en fait indispensable à ce dernier pour opérer sa transformation et le fait qu'elle soit "bouchée" par la molécule l'empêchait de remplir son rôle. Le virus était donc incapable de se propager. Forts de cette découverte, les scientifiques ont par la suite développé de nouvelles molécules capables d’agir sur d’autres types de picornavirus.

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De nouvelles recherches pour approfondir cette découverte

À l’heure actuelle, la mutation rapide et régulière des virus représente un défi majeur dans le développement de traitements. Cette cavité, qui semble suffisamment importante pour empêcher leur transformation, représente donc un réel espoir pour les chercheurs.

De nouveaux travaux doivent prochainement permettre de développer ces médicaments. "Ces résultats ouvrent un nouveau boulevard pour la mise au point d’antiviraux à large spectre contre les rhinovirus et les entérovirus, qui sont tous deux des agents pathogènes majeurs pour les humains", s’enthousiasme dans un communiqué de l’université le virologue Johan Neyts, auteur principal de l’étude.

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