VIDÉO - Une prothèse capable de rendre les sensations de la marche aux amputés

Bien-être

FUTUR - Une équipe européenne de chercheurs a présenté mercredi une prothèse qui, grâce à des capteurs, est capable de rendre les sensations de la marche aux amputés de la jambe.

Le prototype semble tout droit sortir d'un film de science-fiction. Dans des travaux publiés mercredi dans Science Translation Medicine, une équipe de chercheurs européens présente une prothèse révolutionnaire. Équipée de capteurs et reliée au système nerveux de patients amputés au-dessus du genou, elle leur permet de retrouver des sensations essentielles à l'agilité de la marche.

"C'est la première fois que je sens ma jambe, mon pied", raconte dans un communiqué Djurica Resanovic, l'un des volontaires. Lors des essais, il s'est révélé capable, tout en portant un bandeau sur les yeux et des bouchons d'oreilles, de dire où le pied était touché par une autre personne et à quel degré le genou était fléchi.

Des capteurs qui permettent de communiquer avec le cerveau

La prothèse, mise au point par les chercheurs de l'université ETH Zurich, en Suisse, et SensArs Neuroprosthetics, une start-up spécialisée dans la conception de prothèses, tire en fait sa spécificité d'une semelle sensorielle placée sous le pied prothétique, ainsi que de capteurs situés dans le genoux. Les signaux envoyés par ces petits appareils sont traduits par la prothèse en impulsions électriques, soit le langage du système nerveux humain. Ceux-ci sont ensuite acheminés vers le nerf périphérique résiduel au moyen d'électrodes minuscules implantées dans le nerf lui-même. 

La nature fait le reste : les signaux des nerfs résiduels sont transmis au cerveau de la personne, qui est alors capable de percevoir ce qui se passe sur et sous la prothèse, et ainsi de sentir les obstacles et d'éviter les chutes. 

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"Nous avons développé la première jambe avec des sensations destinée aux invalides importants, amputés au-dessus du genoux, qui permet de surmonter des obstacles inattendus sans tomber, ou de monter des escaliers très rapidement. Ces deux tâches sont extrêmement difficiles, voire impossibles, pour les amputés qui portent des prothèses commerciales", rapporte dans le communiqué Stanisa Raspopovic, professeur à l’ETH Zurich.

Une prothèse reconnue par le cerveau comme un membre à part entière

Contrairement à une prothèse classique, cette prothèse connectée est considérée par le cerveau, selon les mesures de l'activité cérébrale réalisées sur les volontaires, comme un membre à part entière du corps. Cela permet non seulement aux amputés de ne plus réfléchir à leurs mouvements lors de la marche, mais aussi de ne pas sur-solliciter la jambe encore présente. D'autres essais, plus longs, doivent désormais être réalisés sur un plus grand nombre d'individus et dans le contexte du quotidien. 

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