Vers un vaccin contre la chlamydia, cette IST responsable d'inflammations pelviennes ou de grossesses extra-utérines

Bien-être
ESPOIR - En France, le nombre de cas d'infections à chlamydia explose. Sexuellement transmissible, elle peut avoir de lourdes conséquences sur la santé des femmes, qui ignorent pour la plupart en être atteintes. Des scientifiques européens sont actuellement en train de développer un vaccin qui pourrait tout changer.

En 2016, 268.000 cas d’infections à Chlamydia ont été diagnostiqués en France et en Outre-mer, dont une grande partie chez les jeunes entre 15 et 24 ans. C'est trois fois plus qu'en 2012. Sexuellement transmissible, cette infection n'est pas toujours responsable de symptômes visibles. Ainsi, 70% des femmes infectées ignorent qu'elles le sont. Non diagnostiquée cependant, cette infection peut entraîner des complications sévères chez la femme, parmi lesquelles des inflammations pelviennes, des grossesses extra-utérines voire la stérilité. La formation de plaies internes peut aussi augmenter les risques de contracter d'autres infections sexuellement transmissibles (IST), comme la gonorrhée ou le VIH.


Face à ces menaces, la Haute Autorité de Santé (HAS) a recommandé en octobre 2018 un dépistage systématique des femmes sexuellement actives âgées de 15 à 25 ans. Mais la prévention pourrait aller encore plus loin grâce à un vaccin actuellement développé par des chercheurs de l'Imperial College London, au Royaume-Uni, et du Statens Serum Institut à Copenhague, au Danemark. Leurs travaux ont été publiés lundi 12 août dans la revue The Lancet Infectious Diseases.

Une bonne réponse immunitaire observée

Ce vaccin est à ce jour le premier contre cette infection bactérienne à être testé dans le cadre d'un essai clinique. S'il n'en est qu'à la phase 1, soit la plus préliminaire, il a déjà montré son innocuité et sa faculté à provoquer une réponse immunitaire chez les trente-cinq femmes qui participent à cet essai. Aucune n'a été touchée par une infection à chlamydia.


Celles-ci ont été divisées en trois groupes afin de tester deux formulations différentes mises au point pour ce vaccin. Le premier et le deuxième groupe, constitués respectivement de quinze femmes, ont bénéficié des deux versions du traitement. Celui-ci leur a été administré en cinq fois : trois piqûres faites à 28 et 84 jours d’intervalle puis deux vaporisations dans le nez. Le dernier groupe a reçu un placebo. Si les deux formulations ont fonctionné, la première a permis la production de plus d'anticorps que la seconde. La réponse immunitaire étant meilleure, elle a été choisie pour la suite des recherches.

Malgré tout, une réponse immunitaire n'induit pas forcément une action protectrice contre l'infection. Ainsi, "de nombreuses années supplémentaires de recherche" sont encore nécessaires, indique dans un communiqué l'une des scientifiques, Helene B. Juel. Elle et son équipe prévoient de passer au prochain stade de l'étude de ce vaccin, la phase clinique 2.

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