VIDÉO - Comment fonctionne la PrEP, le traitement préventif anti-VIH ?

Bien-être

ESPOIR - Selon les premières études, l'efficacité de la PrEP, traitement préventif contre le VIH, s'approche de 100% à Paris, avec zéro infection des personnes suivies entre 2017 et 2018. Qu'est-ce que c'est au juste et comment ça fonctionne ?

Si elle est encore largement méconnue, on en entend de plus en plus parler. La PrEP, pour prophylaxie pré-exposition, est un traitement médicamenteux qui permet d'éviter l'infection par le VIH. Le concept est simple : prendre un traitement antirétroviral pour empêcher le virus du Sida de pénétrer dans le corps. Le tout accompagné d'un suivi médical régulier. 

Elle s'adresse en particulier aux personnes ayant des partenaires sexuels multiples, à celles qui s'injectent de la drogue ainsi qu'aux couples sérodiscordants (c'est-à-dire dont l'un des partenaires est porteur du VIH) actifs sexuellement, mais aussi à toutes les personnes seronégatives qui n'utilisent pas systématiquement le préservatif et qui voyagent beaucoup. En France, la PrEP est accessible uniquement sur prescription médicale. Elle est remboursée à 100% par l'Assurance maladie.

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Comment ce traitement jugé révolutionnaire fonctionne-t-il ? Il peut être pris de deux façons différentes. Une pilule chaque jour lorsque l'on opte pour la prise continue. Ou des pilules prise avant et après une période d'activité sexuelle si l'on choisit la prise discontinue ou à la demande : deux comprimés 24 heures à 2 heures avant l'acte,  puis un comprimé 24 heures et un autre 48 heures après la première prise. 

Les femmes ne peuvent que prendre le traitement en continu, les muqueuses vaginales ne réagissant pas de la même façon au traitement. En France, les ordonnances sont délivrées tous les trois mois, au terme d'une consultation. Chacune de celle-ci s'accompagne d'un dépistage complet des infections sexuellement transmissibles, puisque la PrEP n'a d'efficacité que sur le Sida. 

Sur le VIH, la PrEP est plus efficace que le préservatif"- Alexandre Aslan, médecin spécialiste des maladies infectieuses

"Sur le VIH, la PrEP est plus efficace que le préservatif", estimait mi-septembre Alexandre Aslan, médecin spécialiste des maladies infectieuses, auprès de nos confrères de l'AFP. Et les résultats sont là pour le prouver : à Paris, ces trois dernières années, le nombre de nouveaux diagnostics a diminué de 16%, une baisse qui serait largement attribuée à la mise en place de la PrEP en 2016. Selon les premières études réalisées par  l'Agence nationale de recherche sur le sida et l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris, l'efficacité de la PrEP s'approche de 100% dans la capitale, avec zéro infection des personnes suivies entre 2017 et 2018. 

Mais c'est aussi le cas à Nice, où en 2018, on constate une baisse de 40% des nouvelles contaminations au VIH. Outre-Atlantique, à San Francisco, en 4 ans de 2012 (date de son autorisation) à 2016, le nombre de nouveaux cas de VIH a chuté de 49%.  Des résultats impressionnants qui donnent l'espoir, qu'un jour, le Sida soit totalement éradiqué. 

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