Cryothérapie, cryolipolyse... Des traitements par le froid qui ne sont pas sans danger pour la santé

Cryothérapie, cryolipolyse... Des traitements par le froid qui ne sont pas sans danger pour la santé

Bien-être
DirectLCI
ÇA REFROIDIT - Les accidents recensés font froid dans le dos. La cryothérapie et la cryolipolyse, deux techniques de soin par le froid, sont responsables d'un nombre croissant d'incidents. Elles ne sont pour l'instant encadrées par aucune législation.

Soigner son corps ou perdre du poids grâce au froid est une tendance très en vogue. De plus en plus d'instituts proposent ainsi des séances de cryothérapie ou cryolipolyse. Pour autant, aucune législation n'encadre ces pratiques qui peuvent, si elles sont mal dispensées, représenter un danger pour la santé.


Suite à une évaluation des risques, la cryolipolyse est dans le viseur de la Haute autorité de santé, qui demande un renforcement du contrôle des machines et la création d'une formation reconnue pour enrayer la multiplication des accidents.

Des cas d'accidents graves lors de séances de cryothérapie

La cryothérapie est plébiscitée pour remédier aux douleurs musculaires ou articulaires. Pour la personne souhaitant la pratiquer, il s'agit de s'immerger trois minutes dans une cuve à -130 degrés. Cette température polaire est obtenu grâce à de l'azote liquide, diffusé à l'état gazeux. Selon le gérant d'un centre de cryothérapie, cela ne représente aucun danger pour ses clients. "On ne le sent pas sur la peau. Il n'y a pas de contact. C'est un environnement de froid qui fait réagir le corps."


Pourtant, en avril 2017, Vincent Leclercq a été victime d'un accident. "J'ai vraiment une sensation de brûlure au niveau du pied, se souvient-il lors de notre rencontre. Je demande plusieurs fois à sortir de la cabine et à chaque fois, la personne me dit que tout va bien et qu'il faut aller jusqu'au bout". En fin de compte, il se retrouve avec les pieds complètement brûlés, de l'azote liquide ayant coulé au sol de la cabine. Treize opérations chirurgicales et un an et demi plus tard, il marche toujours avec des béquilles. "Aujourd'hui, je suis bien sûr en colère vis-à-vis de mon cas, mais ce que je souhaite, c'est que ça n'arrive pas à d'autres."


La manipulation des bonbonnes d'azote, un gaz dangereux, pose d'autre part problème. Aucune formation officielle n'est délivrée aux spécialistes qui font de la thérapie par le froid leur commerce.

La cryolipolyse, une pratique qui présente "une suspicion de danger grave pour la santé"

Apparue dans les années 2000, la cryolipolyse est plébiscitée par les personnes qui souhaitent réduire leur masse graisseuse. L'appareil, appliqué à même la peau, permet de brûler les adipocytes, des cellules graisseuses, grâce à une température de -5 à -10 degrés. Mais suite à divers signalement d'incidents et à un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) soupçonnant de possibles effets indésirables, la Haute Autorité de Santé a décidé d'évaluer les risques de cette pratique. Et selon l'avis qu'elle a publié en juillet dernier, les risques sont bel et bien présents. Des douleurs, ecchymoses, rougeurs, engourdissements, picotements font partie des risques encourus par ceux qui la pratiquent, même si, la plupart du temps, cela disparaît en quelques jours.


Mais, dans certains cas, ces effets indésirables peuvent être "durables" (brûlures, hyperpigmentation, ou affection de nerfs moteurs et sensitifs), voire irréversibles, comme les hernies inguinales et les hyperplasies paradoxales (accroissement local du tissu adipeux)". Des complications jugées "disproportionnées pour un acte esthétique externe" et qui seraient pour certaines dues "à un mésusage de la part des opérateurs ou à des dysfonctionnements des appareils", précise la HAS.


Face à la "suspicion de danger grave pour la santé humaine" qui ressort de ce rapport, elle réclame qu'une information complète concernant les risques encourus et les contre-indications soit dispensée aux personnes et une qualification et une formation "suffisantes pour garantir la sécurité des consommateurs". Pour la dermatologue Laurence Netter cependant, cette technique devrait de préférence pouvoir n'être utilisée que par le corps médical : "Il y a des contre-indications à cette technique. Elles sont peu nombreuses mais il en existe. Par exemple, les pathologies au froid. Ce sont des maladies rarissimes mais il faut savoir les détecter donc ça nécessite un examen clinique, un interrogatoire, un examen médical".

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Le 20h

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter