Eau, sport, sperme... Ces allergies aussi étranges que difficiles à vivre

Bien-être

ATCHOUM - Les médias britanniques ont récemment relayé la situation très embarrassante vécue par Niah Selway, 21 ans et allergique à l'eau. Mais d'autres allergies, tout aussi incroyables et rares, affectent le quotidien d'hommes et de femmes à travers le monde. LCI en fait la revue.

La presse britannique s'est récemment emparée du cas de Niah Selway, une Anglaise de 21 ans allergique… à l’eau. Cette YouTubeuse* suivie par plus de 132.000 abonnés ne peut ni uriner, ni transpirer, ni pleurer, ni se laver sans éprouver d’atroces souffrances. Les jours de pluie, la jeune femme doit rester cloîtrée chez elle. "Une goutte suffit pour provoquer, cinq ou six minutes plus tard, les premiers symptômes de l'allergie. Elle peut durer parfois jusqu'à trois heures avec des douleurs ininterrompues", affirme-t-elle dans une vidéo. Son allergie ne concernant que sa peau, Niah Selway peut en revanche boire de l'eau sans qu'aucune réaction ne se manifeste.

Cette affection, appelée prurit aquagénique, provoque d’intenses démangeaisons et sensations de brûlure, sans que cela ne se voit d’une quelconque manière sur la peau. Dans le monde, seule une cinquantaine de personnes ont déclaré souffrir de cette allergie. Ses causes sont pour l'heure inconnues mais cette allergie peut, dans certains cas, être le symptôme d'une maladie comme l'hépatite C ou encore la maladie de Vaquez. Aucun traitement n'a encore été trouvé pour en guérir.

Si l'allergie à l'eau représente une affection rare et difficile à vivre, il en est de même pour d'autres allergies, comme celles au sperme, au sport ou encore au froid. LCI en fait la revue (non exhaustive).

Allergique à tout, sauf à l'eau

Contrairement à Niah Selway, lui est allergique à tout, sauf à l'eau. En 2009, les médias ont relayé l'histoire d'un jeune Australien nommé Kaleb Bussenschutt. Il ne peut ingurgiter aucune nourriture ni aucune boisson, excepté de l'eau et, étrangement, une limonade industrielle, sans développer brutalement des ulcères à l'estomac et éprouver d'intenses douleurs. Pour se maintenir en vie, il reçoit les nutriments nécessaires par perfusion. Les médecins n'ont toujours pas identifié la cause de cette rare allergie, qui ne porte d'ailleurs pas de nom.

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Allergique au froid

L'allergie au froid concerne environ une personne sur 2.000. Aussi appelée urticaire du froid, cette pathologie représente en fait  2 à 5 % des urticaires chroniques. Elle se manifeste généralement par l'apparition de rougeurs, d'enflures ou de démangeaisons de la peau, le plus souvent localisée au point de contact avec le froid. Dans des cas plus rares, une chute de la pression artérielle, une perte de conscience et même une anaphylaxie peuvent être observées. C'est le cas chez cette jeune Canadienne qui, à 21 ans, subit de graves réactions urticantes entraînant parfois des chocs anaphylactiques, alors que les températures hivernales peuvent atteindre - 40 °C dans son pays, rapporte Ouest France. "Quand je sors de chez moi, je dois penser à beaucoup de choses. Combien de couches de vêtements dois-je porter ? Quels sont mes projets aujourd’hui ? Vais-je avoir besoin d’aller dehors ? Si oui, pour combien de temps ? Vais-je aller dans un endroit climatisé ? Mes amis vont-ils allumer la climatisation dans la voiture ?", explique Arianna Kent dans une vidéo diffusée par Caters News Agency.

Les mécanismes de cette allergie sont pour l'instant mal connus, même si, selon le docteur Gérald Kierzek, chroniqueur pour LCI, "il s'agit probablement d'un mécanisme immunitaire ou auto-immunitaire". "Le système va s'emballer quand on est en contact avec du froid. Ça peut être avec les températures qui baissent, avec le corps qui se refroidit, au contact de l'eau...", décrit-il. Aucun traitement n'a à l'heure actuelle été trouvé pour soigner cette allergie.

En vidéo

Etes-vous allergique au froid ?

Allergique au sperme

L'allergie au sperme est très rare, mais, selon la Revue médicale suisse, "probablement sous-diagnostiquée". Depuis le premier cas déclaré en 1958, une centaine de cas confirmés ont été décrits dans la littérature scientifique. L'allergie au liquide séminal se manifeste le plus souvent par des formes d’hypersensibilité localisées, comme une inflammation du vagin (vaginite), un gonflement de la zone génitale ou des douleurs pelviennes. Une crise d'urticaire généralisée, une baisse de la tension ou un œdème de Quincke peuvent aussi se déclarer dans des cas plus rares. Des symptômes qui surviennent pendant le rapport ou dans les cinq minutes le suivant et peuvent être très handicapants. "J'ai remarqué que si je ne me précipitais pas vers la douche pour me laver dans les cinq minutes suivant un rapport sexuel, j'avais l'air d'avoir été barbouillée de feutre rouge par un enfant surexcité. J'ai supposé que j'avais affaire à une IST, ce qui a fait peser toutes sortes de questions sur notre relation. Nous avons tous les deux fait des tests, lesquels n'ont rien donné. Puis j'ai passé des heures sur Google, qui m'ont finalement mise sur la voie d'une hypersensibilité au liquide séminal humain", raconte ainsi une jeune femme à Vice.

Selon une étude réalisée aux États-Unis sur 1073 femmes, et rapportée par la Revue médicale suisse, la première manifestation surviendrait en moyenne à 23 ans pour les réactions systémiques et à 24 ans pour les réactions localisées. Dans 30 à 40 % des cas, l'allergie se déclarerait dès le premier rapport sexuel. Chez certaines, en revanche, cela peut arriver après un accouchement ou, chez les hommes, suite à une hystérectomie ou après une reprise de l’activité sexuelle suite à une période d’abstinence.

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Selon un article paru dans le Journal de gynécologie obstétrique et biologie de la reproduction décrivant un cas clinique, il est possible, grâce à différents traitements de désensibilisation, d'obtenir des rémissions temporaires, même si des risques de récidive sont possibles. Les auteurs de l'article suggèrent d'autre part l'utilisation du préservatif ou encore la prise d'anti-histaminiques une heure avant les rapports puis trois jours après. Un suivi gynécologique est néanmoins "indispensable à long terme" pour dépister d'éventuelles infections associées, responsables d'une perturbation de la régulation du système immunitaire", écrivent-ils.

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Allergique au sport

"Dix tours de stade ? Je ne peux pas, je suis allergique !" Voilà une excuse toute trouvée pour ceux qui préfèrent rester sur le banc du terrain de sport. Mais si cela peut paraître amusant, l'allergie au sport existe réellement et peut même tuer. Selon une étude polonaise de 2011, elle touche environ 2% de la population et peut se déclarer après quelques minutes d'efforts. Ses symptômes ? Des rougeurs, de l'urticaire, des fourmillements dans les doigts et une difficulté à respirer, accompagnés de nausées et d'une sensation de faiblesse. Dans des cas extrêmes, une chute de tension ou un œdème de Quincke peuvent survenir.

Si les pratiques les plus à risques sont la course à pied, le cyclisme ou le tennis, certaines activités beaucoup moins sportives, comme une simple marche, peuvent causer cette allergie. Dans certains cas, celle-ci surviendrait après l’absorption d'aliments comme le blé, des tomates, le riz ou encore des cacahuètes, rapporte un article publié dans Medscape. Il est de ce fait déconseillé de manger dans les six à huit heures précédant l'exercice physique.

* Pour consulter la chaîne YouTube de Niah Selway, cliquez ici.

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